Qu’est-ce que la best execution ?

IMG_1085 La directive MiFID datée de 2007 impose, parmi d’autres points, un cadre réglementaire dans le domaine de l’exécution des ordres de bourse. Dans cette optique, chaque institution financière doit mettre en place une politique de meilleure exécution des ordres (Best Execution). Cette pratique doit permettre aux clients de bénéficier des meilleures conditions lors de l’exécution d’un ordre de bourse. Par meilleures conditions, il faut comprendre que le coût final de l’opération doit être le plus avantageux pour l’investisseur particulier qui a passé son ordre.

Pourquoi avoir imposé la best execution ?

MiFID a également mis en place une concurrence entre les différentes places de cotation. Au lieu de maintenir les seuls marchés nationaux, elle a permis l’instauration d’autres places de marché. Il était donc logique d’exiger également que les institutions financières qui passent les ordres de bourse recherchent la meilleure place pour l’exécution de ces ordres.

Comment cela se passe-t-il en pratique ?

Lorsqu’un client enregistre un ordre de bourse sur une valeur, l’institution par laquelle il passe doit effectuer une simulation de cet ordre sur les différentes places où le titre est coté. Ensuite, la simulation démontre sur quel marché il est plus avantageux de passer l’ordre en fonction du cours mais aussi des taxes et des frais de courtage. Cela ne prend que quelques millisecondes et l’ordre peut alors être effectué. Le courtier doit ensuite pouvoir prouver qu’il a effectué cette opération sur base de la meilleure exécution. Lors du passage de son ordre de bourse, un investisseur particulier bénéficiera donc normalement de cette politique de meilleure exécution. Il peut cependant donner des instructions spécifiques quant à la place d’exécution de son ordre et peut exiger que son ordre soit transmis sur une place boursière particulière, par exemple uniquement sur Euronext. Dans ce cas, le principe de best execution ne s’applique pas.

Quels sont les problèmes liés au concept de best execution ?

Concrètement, la liquidité des plus grosses capitalisations reste concentrée sur leur marché national. Le premier objectif de MiFID qui était d’encourager la concurrence entre les places financières n’est donc pas totalement atteint. La fragmentation des marchés a occasionné un fractionnement de la liquidité des titres qui sont cotés sur plusieurs places. L’investisseur perd donc de la liquidité mais aussi de la transparence. De plus, le législateur n’a pas harmonisé les activités de clearing et de settlement, ce qui provoque des frais supplémentaires pour l’investisseur. Cette fragmentation des marchés engendre par ailleurs des coûts très importants pour les institutions financières et est source de difficultés pour les plus petits brokers.

Les traders à haute fréquence sont ceux qui bénéficient le plus de cette réglementation puisqu’ils achètent d’un côté, vendent de l’autre en profitant des écarts de cours et en utilisant une technologie qui n’est pas à la portée de tous.

Dans l’ensemble, exiger la best execution pour les ordres de bourse est un bon principe mais sa mise en place fait encore l’objet de quelques écueils pour offrir ce qu’elle était censée promulguer.

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