Comment améliorer les revenus de votre patrimoine financier face à l’allongement de l’espérance de vie ?

DSCN2502Par J.P. Morgan Asset Management

On se focalise souvent sur le risque de marché mais le risque de longévité lié à l’augmentation de l’espérance de vie est également important. Aujourd’hui, ne pas prendre des risques mesurés avec son épargne est, paradoxalement, peut-être le risque le plus important auquel nous nous exposons.

Au cours du 20ème siècle, notre espérance de vie s’est considérablement allongée, de sorte qu’aujourd’hui, 60 % des hommes et 71 % de femmes âgés de 65 ans devraient atteindre l’âge de 80 ans.  Si l’on ne peut que se réjouir de l’augmentation de l’espérance de vie, celle-ci constitue cependant un défi pour le financement de nos retraites et fragilise les systèmes de retraites obligatoires. En effet, ceux-ci doivent, d’une part, accompagner les retraités plus longtemps et, d’autre part, faire face à une baisse du nombre de cotisants en raison de l’inversion de la pyramide des âges et d’un niveau d’emploi en baisse. La question de la pérennité des systèmes de retraites obligatoires n’est pas nouvelle et la plupart des gens sont aujourd’hui conscients qu’il leur faut constituer un patrimoine qui pourra être utilisé et/ou produire une rente supplémentaire à l’âge de la retraite afin de pallier l’insuffisance de la retraite obligatoire. Malheureusement, malgré cette prévoyance le risque de survivre à son patrimoine est de plus en plus important. Ceci s’explique d’une part, par le fait que l’on vit plus longtemps et d’autre part, par le fait que nous nous montrons souvent trop peu ambitieux quant au rendement de notre épargne. Le patrimoine financier des ménages est, en effet, principalement investi directement ou au travers d’assurances vie, dans des classes d’actifs dites défensives, à l’instar des obligations et des dépôts bancaires, dont  le rendement réel est actuellement peu attractif en raison de la faiblesse des taux d’intérêts.

Le temps joue en faveur de l’épargne diversifiée

Aujourd’hui, l’épargnant soucieux de se constituer un patrimoine sur le long terme, tout en minimisant son risque, se doit dès lors d’élargir le champ de ses investissements et de reconsidérer l’intérêt d’une exposition plus large aux marchés financiers. Les crises de 2002 et de 2008 ont échaudé nombre d’investisseurs et beaucoup considèrent la décennie écoulée comme perdue. Pourtant, lorsque l’on confronte ce sentiment à la réalité des chiffres, on constate que bien que ces dernières années aient été difficiles, elles ont toutefois été positives pour un certain nombre de classes d’actifs et que les investisseurs disposant d’un portefeuille bien diversifié ont réalisé un rendement similaire à celui des actions : un portefeuille composé de 15% d’obligations d’états, 20% d’obligations d’entreprises, 5% de dette émise par des pays émergents, 5% d’immobilier, 5% de fonds spéculatifs 7,5% d’actions émergentes, 32,5% d’actions mondiales, a affiché un rendement annualisé de 7,1% ces 10 dernières années lorsque les actions mondiales ont progressé de 7 % par an[1]. Face à la mondialisation de l’économie, une diversification efficace se doit elle aussi d’être globale, comme dans l’exemple ci-dessus, afin de saisir les opportunités offertes notamment par les pays émergents et de lisser la volatilité.

par défaut 2014-11-09 à 17.18.50Naturellement, investir dans ce genre de véhicule financier s’inscrit dans le temps tout comme un investissement en assurance vie ou en immobilier, et l’on doit être prêt à accepter une certaine volatilité à court terme. Bien que ces perspectives de rendement à long terme soient relativement plus attractives que ce qu’un investissement dit défensif pourra produire, nombre d’investisseurs continuent à préférer les placements en immobilier et/ou en obligations car ceux-ci leur procurent un revenu régulier qui leur permet de compléter leur retraite. Si cette recherche d’une rente se comprend compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie, les investisseurs oublient cependant que les marchés financiers regorgent de sources de revenus récurrents et qu’il est possible de percevoir un « loyer », sous forme de coupon ou de dividende, pour l’argent que l’on a investi sur les marchés financiers.

Dividendes et coupons : le « loyer » des placements financiers

Aujourd’hui, les investisseurs ont, en outre, accès à des fonds d’investissement qui ont vocation à générer des revenus récurrents en sélectionnant des actifs financiers qui offrent des rendements à la fois attractifs et pérennes. A ce titre, les actions octroyant un dividende élevé et stable sont souvent plébiscitées car, en plus de bien rémunérer leurs actionnaires, elles performent généralement mieux que les entreprises distribuant des dividendes faibles ou n’en distribuant pas du tout. Ceci s’explique par le fait que l’octroi de dividendes est un signal fort donné par une entreprise à ses actionnaires en ce qui concerne sa santé financière. En effet, alors que les bénéfices retenus sont un concept comptable, les dividendes sont des liquidités bien réelles, distribuées par la société. L’historique de distribution de dividendes d’une société est également important, puisqu’il permet d’évaluer la probabilité que cette société puisse restituer des liquidités aux actionnaires dans le futur. Pour continuer à payer un dividende stable chaque année, une société doit être saine, et disposer d’une direction rigoureuse et d’un solide business model. Il est par conséquent logique que ce type de sociétés réalise, à terme, des performances supérieures. Le rendement du dividende moyen s’établit actuellement à 3,3% en Europe ce qui se compare favorablement au rendement offert par les autres classes d’actifs octroyant des revenus récurrents, à l’instar des obligations à 10 ans de la Belgique dont le rendement est aujourd’hui proche de 1,12 %[2]. Les obligations dans leur ensemble n’en demeurent pas moins une source de revenus réguliers intéressante pour peu que l’on aborde également la dette d’entreprise ou la dette des pays émergents. Ces obligations sont certes plus volatiles mais, sur le long terme, elles offrent un potentiel de rendement plus intéressant que les obligations d’états de pays développés, tandis qu’à court terme elles permettent de recevoir des coupons réguliers largement supérieurs.

Que ce soit sur les marchés d’actions ou les marchés obligataires, les investisseurs peuvent donc percevoir un « loyer » attractif sur le capital qu’ils ont investi tandis que ce capital demeure disponible à tout moment. Le risque est bien entendu omniprésent lorsque l’on considère un investissement sur les marchés financiers mais on peut le minimiser en veillant à bien diversifier ses sources de rendement au sein de son portefeuille. On se focalise souvent sur le risque de marché mais le risque de longévité lié à l’augmentation de l’espérance de vie est également important. Aujourd’hui, ne pas prendre des risques mesurés avec son épargne pour générer un rendement supérieur est paradoxalement  peut-être  le risque le plus important auquel nous nous exposons.

Cet article vous a intéressé ? Consultez aussi le corner Fenêtre sur le monde

 

 


[1] Source : MSCI, Barclays Capital, Bloomberg/UBS, NAREIT, J.P. Morgan, Credit Suisse/Tremont, FactSet, J.P. Morgan Asset Management. Période 2004-2013. La performance passée ne préjuge pas des résultats futurs.

[2] Au 7 novembre 2014.

Ce contenu a été publié dans Placements, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.