Hit-parade des fonds : Les Russes vus de l’intérieur

par défaut 2014-10-09 à 18.08.34par défaut 2014-10-09 à 18.07.59Comme chaque mois, le blog MoneyStore publie son hit-parade des fonds qui reprend les dix meilleures et dix plus mauvaises performances depuis le début de l’année des fonds commercialisés en Belgique. A fin septembre, dans le bas du tableau, nous retrouvons une fois de plus les fonds investis en actions russes qui accusent des pertes allant de 13 à 23% depuis le début de l’année.

La crise ukrainienne et les sanctions européennes frappent l’économie russe et son marché boursier. Malgré le cessez-le feu qui a été signé le 5 septembre dernier, la pression s’est accentuée sur le Président Poutine. Mais comment les Russes gèrent-ils la situation ? Ce hit-parade des fonds nous donne l’occasion de vous livrer une vue intérieure de ce pays à travers les impressions glanées par Hugo Bain, gérant chez Pictet Asset Management lors d’un de ses séjours en terre russe. « Je n’avais jamais vu la Russie aussi unie depuis 15 ans que j’investis sur les marchés émergents. Malgré les unes alarmistes de la presse occidentale, j’ai eu le sentiment que les citoyens russes ordinaires soutiennent le Président Vladimir Poutine et sont sincèrement préoccupés par les menaces de l’Occident envers ce qu’ils considèrent comme des intérêts de sécurité nationale légitimes », souligne ce gérant. Il faut dire que la Russie enregistre un des taux de chômage les plus bas de son histoire et le niveau de vie s’est amélioré. Les Russes se préoccupent donc un peu plus de politique.

Mais l’économie russe n’est pas au beau fixe. Les importantes sorties de capitaux de ce pays et la forte baisse des investissements ont provoqué une contraction du PIB. « L’inflation continue d’être un problème: l’objectif d’inflation de 5% devrait être largement dépassé cette année. Paradoxalement, ce sont davantage les propres mesures de représailles de la Russie qui ont affecté l’économie, plutôt que les sanctions occidentales: au cours de mon séjour, j’ai entendu dire que l’embargo de Moscou sur les importations de produits alimentaires en août a fait bondir le prix du poulet de 20% dans les zones rurales », note Hugo Bain. Cet observateur attire l’attention sur le fait que « les autorités russes semblent minimiser le risque que les sanctions assèchent la liquidité du marché financier, ce qui pourrait entraîner la faillite de l’une des banques les plus fragiles et poserait un risque systémique ».

Comment appréhender l’avenir de ce pays ? Comme le rouble se déprécie, les Russes ont tendance à davantage investir en immobilier, ce qui provoque une hausse moyenne de l’immobilier de 3% et une recrudescence de l’appel aux crédits hypothécaires. La baisse du rouble favorise également les exportateurs. « La baisse du rouble est également une bénédiction pour le monde russe des affaires, dominé par l’énergie, l’acier et le secteur minier. Les exportateurs représentent plus de trois quarts de l’indice de référence MSCI Russie. D’après nos modèles, le rouble est sous-évalué de 23% par rapport au dollar », souligne Hugo Bain. Les investissements publics devraient reprendre et les prévisions de récolte sont optimistes.

En bourse, les mois prochains devraient être encore volatils. Cependant, le marché russe pourrait bien rebondir. « Le moindre apaisement des tensions géopolitiques devrait stimuler les marchés boursiers russes qui figurent parmi les moins chers au monde. En effet, ils se négocient à une décote de 70% par rapport aux actions mondiales de référence et de 62% par rapport aux actions émergentes », analyse Hugo Bain. De ce fait, ce gérant surpondère légèrement la Russie en portefeuille par rapport à l’indice de référence.

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