Hit-parade des fonds: L’Ukraine plombe les portefeuilles

par défaut 2014-03-12 à 08.12.32par défaut 2014-03-12 à 08.16.33Le hit-parade mensuel des fonds publié par MoneyStore reprend les 10 meilleures et les 10 moins bonnes performances depuis le début de l’année des fonds commercialisés en Belgique. Les données de ce mois-ci sont assez surprenantes.

D’une part, les mines d’or qui s’étaient installées dans le bas du tableau depuis plusieurs mois enregistrent une remontée spectaculaire en se plaçant parmi les 10 meilleures performances depuis le début de l’année. Cette remontée s’explique à la fois par la hausse des prix de l’once d’or mais aussi par une amélioration des cash-flows de ces sociétés qui ont annulé des projets d’extraction en raison des faibles cours de l’or.

Du côté des moins bonnes performances, nous retrouvons les sicav investies en actions russes et dans les pays d’Europe de l’Est. La situation en Ukraine n’est pas étrangère à cette baisse des cours. Mais, au départ, l’économie russe souffrait déjà depuis de nombreuses années de son manque de diversification. En effet, les matières premières demeurent la principale source de richesse de cette économie. « Par ailleurs, il y règne un climat peu favorable pour les entreprises internationales qui sont confrontées à une corruption importante et à l’ingérence de l’état dans nombre de domaines. Les problèmes rencontrés par BP dans le cadre de sa joint venture avec TNK, illustrent à quel point il est difficile,  même pour des groupes pourtant bien conseillés sur le plan légal, de faire des affaires en Russie. A ces problèmes structurels sont venus s’ajouter une défiance généralisée vis-à-vis des pays émergents depuis mai 2013 en raison des craintes des marchés quant à l’impact du tapering de la Fed. Dans ce contexte nombre de monnaies émergentes ont été dévaluées, à l’instar du rouble qui a perdu 7,10% sur 2013 », explique Vincent Juvyns, Executive Director, Global Market Strategist chez J.P. Morgan AM.

La crise ukrainienne a été particulièrement dommageable pour la Russie et l’Ukraine. En trois jours l’indice Micex russe a ainsi vu sa capitalisation fondre de 58 milliards de dollars tandis que le rouble a perdu près de 10% de sa valeur face au dollar. La banque centrale russe a dû intervenir en remontant son taux directeur de 150 points de base afin de soutenir sa devise. Cette hausse de taux devrait encore davantage affecter l’économie russe qui reste fragile puisqu’elle n’a enregistré que 1,3% de croissance en 2013. L’économie ukrainienne est, bien entendu, très affectée également et sans soutien de la communauté internationale, un défaut sur sa dette ne serait pas exclu puisque son principal soutien financier n’est autre que la Russie.

Doit-on craindre le pire suite à cette crise en Ukraine ? « Pour les marchés financiers internationaux et l’économie mondiale il faut toutefois nuancer l’impact de cette crise (si la situation ne dégénère pas). Les problèmes structurels de la Russie étaient bien connus avant la crise ukrainienne tandis que l’Ukraine est presque insignifiante d’un point de vue économique et financier puisque son PIB ne représente que 1,4% du PIB de la zone euro et son poids dans l’indice MSCI frontier markets n’est que de 0,15%. Le fait que les différents acteurs de cette crise aient tous beaucoup à perdre si celle-ci devait s’envenimer nous fait croire que la raison l’emportera », ajoute Vincent Juvyns.

Cet épisode sur les marchés boursiers russes démontre une fois de plus l’impact que peuvent avoir les événements géopolitiques dans les portefeuilles surtout s’ils se greffent sur une situation économique et financière du pays déjà fragile.

Source des données chiffrées: Morningstar

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– La Revue

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