Le gestionnaire idéal existe-t-il ?

IMG_1085Il arrive fréquemment, lors des sessions de cours, des conférences ou au fil des pages de ce blog, que la question du choix d’un gestionnaire soit posée. Quelle est la meilleure maison de gestion ? Par qui faut-il faire gérer son portefeuille ? La réponse n’est, bien sûr, pas évidente car le choix du gestionnaire va dépendre des attentes de l’investisseur. Si l’on ne peut répondre clairement à cette question, on peut cependant évoquer des pistes pour aider l’investisseur dans son choix.

  • La première question qu’il convient de se poser est de savoir si l’on a besoin d’un gestionnaire. L’importance du patrimoine est-elle suffisante ? L’investisseur ne se satisfait-il pas de gérer son portefeuille seul, grâce à ses connaissances et à l’expérience qu’il a acquise au fil du temps ou par son métier ?
  • Ensuite, il convient de se poser les bonnes questions relatives au patrimoine:

–       Quel est le but de mon investissement?

–       Je veux une rente ou pas?

–       Je veux un matelas pour les coups durs?

–       Quel est mon horizon de placement?

–       Quelle est mon aversion au risque de perte en capital?

–       Quelle est mon aversion au risque de perte de rendement?

–       De quel type d’assistance ai-je besoin? Gestion conseil, discrétionnaire, simples avis ?

  • Si le choix s’est porté sur la gestion-conseil ou la gestion discrétionnaire, il convient  de se renseigner sur l’équipe de gestion. S’agit-il d’une équipe récente ? Les gestionnaires ont-ils changé ? En gestion, une grande partie de la valeur de l’expertise est concentrée dans la qualité des personnes. Ces gestionnaires doivent veiller à ce que le portefeuille de leur client ne soit pas simplement la réplique de la politique de gestion de la banque mais qu’il soit réellement le reflet des attentes et de l’histoire du client. A chaque fois, c’est l’intérêt de l’investisseur qui doit être remis au centre du choix d’investissement.
  •  On constate qu’il y a souvent confusion des métiers dans le secteur de la gestion. Lorsque le gestionnaire fait partie d’une maison qui est à la fois le dépositaire des titres gérés et qui exécute les opérations sur ces titres en portefeuille, il se peut que les intérêts du client et de l’institution financière ne soient parfois pas totalement alignés. Idéalement, le gestionnaire ne devrait s’occuper que de la gestion et laisser à l’avocat ou au notaire le soin de gérer les problèmes liés au droit civil et à une banque spécialisée de s’occuper du dépôt des titres et des transactions y afférentes, par exemple.
  • Le suivi du portefeuille est aussi très important. Le gestionnaire propose-t-il systématiquement à son client de le rencontrer au moins une fois par an pour faire le point ? Il est important que le client en gestion soit informé, non pas de façon globale, mais bien de façon ciblée sur ce qui se passe dans le monde ou sur les marchés et en quoi ces événements ont un impact sur son portefeuille particulier.
  • La structuration des frais est un élément essentiel sur lequel l’investisseur doit porter son attention. Il faut insister pour obtenir toute la transparence nécessaire dans ce domaine. Il faut, cependant, que l’investisseur reconnaisse que chaque métier doit être rémunéré pour le service rendu : le dépositaire, le broker et le gestionnaire. Chacun doit cependant l’être de façon transparente et à sa vraie valeur et en faire part au client de façon claire et précise. Il convient aussi de voir s’il n’y a pas de conflit d’intérêt dans la tarification imposée. Parfois, si le gestionnaire est lié au broker, il aura intérêt à faire tourner le portefeuille, par exemple.
  • Une fois que le choix s’est porté sur une maison de gestion, il ne faut pas s’endormir sur son portefeuille. Il convient de revoir régulièrement si les produits correspondent à ce que l’on avait dit, s’informer des performances, de la valorisation, de la volatilité, du risque et revoir la répartition entre classes d’actifs, secteurs, devises et régions géographiques.

Lire aussi :

–       Comment calculer la performance d’un portefeuille ? 

–       Quel est le rôle des analystes ? 

–       Règles à suivre pour construire son portefeuille ?

 

Ce contenu a été publié dans Gestion, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Le gestionnaire idéal existe-t-il ?

  1. Jean-Pierre malliar dit :

    très bon article. L’alignement d’intérêt doit aussi s’entendre dans le sens où le gestionnaire (par ex. le partner d’une société de gestion) investi, à titre personnel, ses avoirs financiers dans la gestion qu’il propose à ses investisseurs.

Les commentaires sont fermés.