A day in the sun

IMG_0853Par ING IM

Fin 2013 et début 2014, on évoquait un effondrement des marchés obligataires. Les taux d’intérêt, essentiellement américains, allaient s’envoler dans le sillage d’une solide reprise de l’économie américaine. Les investisseurs, qui avaient profité des obligations au cours des années écoulées, allaient délaisser cette classe d’actifs.

En outre, la Réserve fédérale américaine avait annoncé d’une façon pour le moins maladroite qu’elle avait l’intention de démanteler son programme d’assouplissement quantitatif en place depuis novembre 2008. Les spécialistes prévoyaient par conséquent une nouvelle année exceptionnelle pour les actions des marchés développés, en particulier des États-Unis.

Nous sommes maintenant presque à la moitié de 2014 et à la surprise de tous, le rendement des actions américaines est quasiment nul, alors que les valeurs de rendement ont mieux performé que les valeurs de croissance. En Europe, le rendement des actions est légèrement positif et les pays ayant subi les principales corrections ces dernières années sont en tête du peloton. Les marchés d’actions asiatiques, en particulier le Japon, ont souffert et avaient enregistré des pertes de 12,3% au 30 avril 2014. Pour rappel, les actions japonaises étaient considérées comme des valeurs sûres en 2014 grâce à “l’Abenomie”, le plan de relance économique du premier ministre Shinzou Abe. Les actions russes, sur lesquelles les investisseurs avaient parié, ont pour leur part affiché un repli de 13,3%.

Le marché obligataire “condamné” continue donc à bien se porter jusqu’à présent en 2014. Le taux des obligations d’État américaines à 10 ans, qui avait entamé l’année 2013 à 3%, s’établit actuellement à 2,65%, ce qui est certainement une surprise pour la plupart des observateurs. Les flux de capitaux ont continué à se diriger vers les fonds d’obligations d’entreprises, comme les obligations à haut rendement et les obligations à la duration moyenne. Les obligations des marchés émergents, qui ont connu une année 2013 particulièrement difficile, ont même bénéficié d’entrées de capitaux et avaient généré un rendement positif de 3,7% au 30 avril 2014.

Que faut-il dès lors faire? Les économies des marchés développés s’améliorent globalement. Les États-Unis, qui ont publié un PIB décevant de 0,1% au premier trimestre, semblent avoir été affectés par les rudes conditions hivernales du trimestre. La croissance est cependant en train de se redresser. Les chiffres du Royaume-Uni, de l’Allemagne et des pays du sud de l’Europe sont également prometteurs, de même que les propos des responsables financiers qui ont promis leur soutien. Les indicateurs avancés, comme l’indice des directeurs d’achats (PMI), suggèrent tous une croissance économique. En dépit des inquiétudes, la Chine devrait afficher une croissance encourageante de l’ordre de 7% et continue à bénéficier de la tendance à l’urbanisation dans un pays de plus de 1,3 milliard d’habitants. Il convient de garder cet aspect à l’esprit.

Eu égard aux turbulences financières de ces dernières années et aux incertitudes qui en ont résulté en ce qui concerne les politiques des gouvernements, les réglementations et les procédures, les consommateurs et les sociétés ont résisté à l’envie de consommer. Par conséquent, il y a clairement à l’échelle mondiale une demande de rattrapage pour toute une série de biens et services comme les logiciels, les voitures, le logement, les machines et bien sûr le capital humain. Les bilans des sociétés sont sains, avec de vastes moyens de trésorerie. Les valorisations des actions restent globalement acceptables. La récente hausse des fusions et des acquisitions semble non seulement justifier les niveaux des marchés d’actions, mais également indiquer que certains secteurs sont attrayants.

Les besoins de revenus de la part d’une population vieillissante augmentent par ailleurs. La demande restera dès lors élevée pour les instruments produisant des revenus, que ce soit sous la forme de dividendes ou d’intérêts.

Alors que le taux de faillite des sociétés devrait rester proche des niveaux planchers historiques au cours des prochaines années, les produits procurant une prime par rapport aux obligations d’État continueront à bénéficier d’une demande excédant l’offre.

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