Ne prendre « aucun risque » est risqué !

IMG_1062Par TreeTop Asset Management

Les Belges ont toujours été friands d’obligations. Dans l’esprit de beaucoup, il s’agit d’un placement vraiment sûr, ce qui compenserait leur attrait financier largement inférieur à celui des actions. L’histoire a cependant montré qu’en cas de crise, les obligations ne sont pas épargnées.

Plusieurs idées reçues circulent au sujet des obligations. La principale est qu’elles sont totalement sûres. Il est vrai qu’elles viennent de connaître une période dorée de trois décennies. Pourquoi donc s’en méfier ? Mais si l’on remonte plus en arrière, le tableau est moins idyllique. Les obligations ont connu, elles aussi, leurs périodes sombres. Allemagne en 1922-1923, Italie entre 1943 et 1947, Angleterre de ‘72 à ‘74… Ceux qui ont alors investi en obligations sur le marché anglais ont perdu 50% de leur pouvoir d’achat. Si elles sont moins volatiles, en termes de performance réelle (après inflation) et sur la période allant de 1945 à 1980, les obligations ont perdu plus de 50 % de leur valeur à l’échelle mondiale. Alors qu’on était pourtant dans une période économique extrêmement favorable !

Ceci est simple à comprendre : après la guerre, l’inflation était limitée et les taux très bas. Puis, fin des années ‘60, l’inflation a commencé à monter. Or, une hausse de l’inflation est très mauvaise pour les obligations car la rentabilité est alors toujours moins élevée que l’appréciation monétaire. Tout cela s’est passé il y a bien longtemps mais les crises peuvent arriver à tout moment. Et elles ne se répercutent pas que sur la bourse, mais aussi sur les obligations. Ce qui est arrivé en Angleterre dans les années ‘70 peut tout à fait encore arriver chez nous. D’autant qu’actuellement, les taux et l’inflation sont bas, avec le danger évident qu’un jour ils peuvent repartir à la hausse. Au bout du compte, quand il y a une crise majeure, les obligations ne vous protègent pas plus que les autres classes d’actifs. Au contraire, ce sont les gens qui ne prennent pas de risques qui s’exposent le plus aux éventuelles claques.

Equilibrer son portefeuille

Si l’on ajoute à cette première réflexion les chiffres de la performance à long terme après inflation des différentes catégories d’actifs – à savoir 1,3% pour l’immobilier résidentiel, 1,80% pour les obligations et 5% pour les actions entre 1900 et 2012 -,  on en arrive à se demander s’il ne serait pas plus intéressant, au bout du compte, de remplacer toutes ses obligations par des actions ? Absolument pas ! Au royaume des investissements, la diversification est reine. Si l’on souhaite une performance plus régulière, il est préférable d’équilibrer son portefeuille. A contrario, concentrer tout son argent dans une seule catégorie peut se révéler être très dangereux.

La combinaison idéale dépend de chacun et des risques qu’on est prêt à prendre. Je pense qu’un client ‘classique’ devrait préférer un compromis, à savoir une répartition 50-50.

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