La ronde des foires d’art contemporain

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Par Puilaetco Dewaay Private Bankers

Les foires jouent un rôle primordial sur le marché de l’art contemporain. Elles sont parmi les grands événements qui jalonnent, chaque année, aux mêmes dates, le calendrier des collectionneurs, galeristes, artistes, institutionnels. Ici, ceux qui comptent parmi les plus influents du monde de l’art se rencontrent, échangent, avisent. L’art s’y montre, circule, le marché vit, fait parler de lui, focalise les médias, attirant un nombre toujours grandissant d’amateurs venus découvrir l’actualité artistique et les tendances du marché.

Certaines de ces foires, qui sont, d’essence, à vocation commerciale, ont même gagné aujourd’hui le label d’événement culturel majeur au vu de la qualité de ce qui est proposé. C’est le cas de la foire de Bâle où argent et culture se marient sans complexe.

Si les galeries les plus importantes donnent le ton, ces foires sont aussi une vitrine pour les jeunes artistes présentés par des jeunes galeries triées sur le volet. En effet, n’est pas élu qui veut dans ces temples de l’art contemporain. Il faut répondre à certains critères et passer devant un comité de sélection chapeauté par un directeur artistique. Ceci a pour objectif de garantir de la cohérence et un certain niveau de qualité à l’événement. Autour de ces grandes foires, d’autres, profitant de l’appel médiatique, ont vu le jour. Certaines complices avec leur mère comme la foire « OFF »(icielle) de la FIAC, d’autres, satellites indépendants, ouvrent l’offre à de l’art plus abordable en prix tout en étant également régies par des critères de sélection (ceux-ci confortant exposants et visiteurs sur le long terme).

Une foire est une merveilleuse opportunité pour un galeriste car ici le désir de consommer de l’art est concentré en termes de qualité d’offre et titillé par un ensemble d’événements annexes sur une période de temps très limitée. Le revers de ceci est que l’attention du public et des médias s’est sensiblement éloignée des activités régulières des galeries. Elles sont aujourd’hui obligées de s’y inscrire, et souvent à grand frais, ces manifestations étant devenues incontournables pour leur assurer visibilité et légitimité.

C’est dans les années soixante que les foires d’art contemporain ont commencé à voir le jour. Art Cologne s’est crée en 1967, Art Basel deux ans plus tard. A Paris, la Foire Internationale d’Art Contemporain – la FIAC – s’est établie à partir de 1974. Art Brussels fêtera son 33e anniversaire l’année prochaine. A Londres, Frieze Art Fair, organisée par le magazine du même nom, est née en 2003.

On pourrait aisément dressé une carte géographique de la richesse du monde en épinglant les lieux investis par les foires d’art contemporain. D’une part, la renommée et le modèle de certaines d’entre-elles ont donné naissance à une duplication de leur marque, au même titre d’ailleurs que certains musées créent des pôles en dehors de leur territoire. Ainsi, Art Basel s’est exporté en heureux conquérant de l’Amérique du Nord, réunissant chaque hiver depuis 2002, ce que le monde de l’art compte de plus international sur les plages de Miami, avec Art Basel Miami, et la FIAC elle-même prépare son installation à Los Angeles pour 2015.

D’autre part, les pays émergents se sont inscrits dans le circuit de l’art contemporain, créant chacun leur propre marque à Moscou, Istanbul, Dubaï, Hong Kong, Shanghai, Sao Paulo ou Rio pour ne parler que d’eux.

Si ces foires s’adressent d’abord à leurs compatriotes, elles suscitent également l’intérêt des collectionneurs et des galeries hors frontières en quête de nouveautés et animés par une vision transversale du monde que seul l’art semble offrir.

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