Sur les chapeaux de roues!

2CV Azam, 1965.  Une voiture mythique, en parfait état d’origine et avec peu de kilomètres au compteur.  Vendue par Artcurial 60.000 euros à Paris le 3 février 2012.  Photos© Artcurial Motorcars

2CV Azam, 1965.
Une voiture mythique, en parfait état d’origine et avec peu de kilomètres au compteur.
Vendue par Artcurial 60.000 euros à Paris le 3 février 2012.
Photos© Artcurial Motorcars

Par Puilaetco Dewaay Private Bankers

La voiture de collection lie indubitablement l’investissement au plaisir: plaisir esthétique, plaisir de la performance technique, plaisir nostalgique. De même que pour l’art contemporain, les voitures de collection induisent un style de vie entraînant ses collectionneurs à des événements dédiés, organisés à travers le monde. Tout cela dans un contexte de marché en pleine forme dont on peut espérer dégager quelques plus-values en cas de revente ou, au moins, retrouver sa mise de départ.

L’intérêt pour la collection de voitures remonte à son invention. Dès les années trente, on voit apparaître les premiers clubs de passionnés en Angleterre et en France. Ils se formaliseront dans les années cinquante en clubs de marques et autres ligues automobiles. Les collections jusqu’alors restées discrètes vont se faire connaître, et au cours des décennies suivantes, des musées vont s’ouvrir, une presse spécialisée va voir le jour et un argus va référencer les transactions.

Avec les progrès de l’industrie mécanique, les changements de goût et de style de vie, la pratique de la collection a évolué. Les «Vétérans» ou voitures construites avant 1914 ont perdu de leur intérêt. Il faut dire que ce type d’automobile séduit moins l’actuelle génération d’amateurs, davantage sensible à la vitesse, à la tenue de route, au freinage mordant … Sans compter que ces ancêtres demandent une expertise mécanique très pointue.

Quant aux prestigieuses et élégantes voitures de l’entre-deux-guerres, Bugatti, Delahaye, Delage, Hispano-Suiza, Rolls-Royce et autres Bentley, elles restent le sujet de nombreuses collections d’amateurs fortunés et suscitent toujours beaucoup d’intérêt, notamment lorsque leur ligne est due au crayon d’un grand carrossier, et qu’elles sont « convertibles ».

Mais depuis une quinzaine d’années, la principale tendance se porte sur les voitures de sport et de compétition. Peu importe leur âge si elles font preuve d’authenticité, d’un beau pedigree et qu’elles peuvent se prévaloir d’un riche palmarès. Il peut alors s’agir d’une respectueuse Mercedes 35 HP de 1909 comme d’une «jeune» Matra de 1973. Les marques les plus recherchées restant Ferrari, Aston Martin, Porsche, Maserati, Jaguar, Mercedes.

De manière générale, le haut du pavé est tenu par les voitures des années 50 à 70 acquises par des amateurs qui, enfants, rêvaient de ces modèles. Ainsi, la maison de vente française Artcurial a réalisé des prix importants pour deux mythes de cette époque: une Citroën DS 23 Pallas berline de 1972 a atteint près de 180.000 euros et une 2CV Azam berline de 1965, 60.000 euros.

Aujourd’hui, la génération des quadragénaires s’intéresse aux modèles de voiture plus récents. Ces « youngtimers », bien que trop jeunes pour être reconnus comme voitures de collection, rencontrent un engouement croissant car elles autorisent leur propriétaire, pour un budget raisonnable, à lier le plaisir nostalgique à l’usage quotidien.

Toutes les voitures anciennes ne seront pas éligibles dans la catégorie « collection ». Ainsi, la cote des automobiles de collection repose sur plusieurs critères et est assez bien circonscrite: la marque, la rareté, la provenance, l’authenticité, le « matching numbers », l’état, la couleur, la sellerie, le kilométrage.

Comme pour le marché de l’art, il est délicat de relayer les indices calculés pour ce type de marché dans l’optique de les comparer aux indices boursiers. En effet, ceux-ci ne tiennent pas compte de la nature même de ce marché et faussent la compréhension que l’on peut en avoir. Il est préférable de parler de résultats de vente et de montants globaux de transactions qui sont des indications plus tangibles. En 2013, selon une étude britannique, le marché mondial de la voiture de collection représentait un montant global de transactions de 55 milliards de dollars, soit cent fois plus qu’il y a une quinzaine d’années.

L’été dernier, la maison anglaise Bonhams a vendu, à Carmel en Californie, la voiture la plus chère jamais négociée aux enchères pour 38.115.000 dollars. Il s’agit d’une Ferrari 250 GTO Berlinetta de 1962. Tous les ingrédients étaient réunis pour cette première place sur le podium des ventes. Une voiture rare car seuls 39 exemplaires ont été construits et la plupart sont dans les mains d’heureux collectionneurs; un pedigree prestigieux de par son histoire, ses propriétaires et son palmarès et; enfin, une voiture performante, authentique et dans un très bel état.

Néanmoins, on peut observer que le marché de la voiture de collection, comme tous les marchés, connaît des évolutions et des fluctuations. Le boom d’aujourd’hui répond à l’offre et à la demande et suit la courbe croissante du nombre des milliardaires dans le monde. De plus, la hausse des prix pour les voitures prestigieuses s’autoalimente, bénéficiant d’un préjugé favorable auprès de ces nouveaux investisseurs internationaux en provenance des Etats-Unis, du Moyen-Orient ou des pays de l’Est. La Chine, quant à elle, n’est pas encore entrée dans la danse, n’étant pas autorisée à importer des voitures d’« occasion ». Ce marché devrait donc encore réserver de belles surprises pour l’avenir.

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