La Revue : Quel temps fera-t-il sur les marchés en 2015 ?

bourse Nyse 2Quel temps fera-t-il sur les marchés en 2015 ? « Sec et nuageux », préviennent les analystes chez KBC et CBC. Ce qui frappe d’emblée au niveau des performances macroéconomiques à la veille de 2015 c’est la divergence entre les régions. D’un côté, on a les pays anglo-saxons, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui prennent une voie distincte par rapport à la zone euro. D’autre part, dans les pays asiatiques, les différences se marquent entre le Japon et les pays émergents asiatiques.

« Ce sont essentiellement des divergences en termes de politiques économiques et monétaires que l’on relève et ces divergences se reflètent dans le prix des actifs sur les marchés », constate Mathieu L’Hoir, Stratégiste chez AXA-IM. On s’attend en effet à un ralentissement de la politique accommodante aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne et à une accélération de cette politique en Europe et au Japon. La divergence se marque aussi dans les chiffres de la croissance des pays. La production manufacturière aux Etats-Unis est très robuste et le potentiel de croissance économique globale devrait s’établir à près de 3% pour 2015.

« En Europe, la crise russe et le ralentissement chinois pèsent sur l’économie. Pour l’année à venir, nous pensons qu’un retour à la coordination entre la France et l’Allemagne sera nécessaire pour assurer la relance européenne. La France est le malade de l’Europe et des réformes structurelles sont nécessaires en France, en Belgique et en Italie », reconnaît Koen De Leus, Senior Economist de KBC Group. Les pays périphériques se portent mieux et voient leur niveau de chômage diminuer. « Nous ne nous attendons pas à un scénario de récession en Europe. La baisse conjointe du prix du pétrole et du niveau de l’euro vient conforter cette opinion. Nous pensons que nous connaîtrons moins d’austérité budgétaire et que, suite aux stress tests et AQR, les banques vont retrouver leur capacité à octroyer des crédits aux entreprises », estime Koen De Leus. « Pour l’Europe, nous sommes nettement moins complaisants. Nous ne nous attendons pas à une reprise en zone euro et la croissance ne devrait pas dépasser 1% en 2015. La crise ukrainienne a provoqué un choc de confiance important et la production industrielle s’est contractée en Allemagne. La dynamique européenne semble grippée », note cependant Mathieu L’Hoir. Les investissements des entreprises ne reprendront que si les marges bénéficiaires repartent à la hausse et les experts de chez AXA IM ne voient pas de rebond des investissements avant fin 2015. En ce qui concerne la parité euro-dollar, elle est estimée à 1,20 pour l’année 2015 chez AXA IM et à 1,15 dans le groupe KBC.

Et l’inflation dans tout ça ? Va-t-on vers un scénario de déflation ? « En ce qui concerne la désinflation, le FMI estime à 30% la probabilité que la zone euro tombe en déflation. Nos anticipations de déflation sont plus faibles. Le risque de déflation est aussi limité par la rigidité du marché du travail en Europe », note Mathieu L’Hoir. Les perspectives en matière d’inflation ne sont pas à la hausse compte tenu de la faiblesse du prix des matières premières. « Il est vrai que ces prix sont essentiellement dus à une offre sur-abondante plutôt qu’à des pressions sur la demande. Nous pensons que le risque de déflation est susceptible d’être exorcisé. Nous nous dirigeons vers un vaste programme d’assouplissement de la BCE », ajoute Bernard Keppenne, Chief Economist chez CBC Banque.

La bonne croissance de l’économie américaine et la force du dollar permettent d’entrevoir l’année 2015 avec optimisme. La zone euro ne devrait pas tomber en récession et la politique monétaire envisagée par la BCE devrait permettre d’éviter à la zone euro de verser dans un scénario déflationniste. Par contre, la conjoncture économique dans cette partie du monde reste vulnérable. Une recrudescence de la crise ukrainienne et un atterrissage brutal en Chine seraient des facteurs inquiétants pour la croissance européenne. A cela, il faut encore ajouter le manque de coordination des politiques au sein de l’Union. « On ne maîtrise pas les effets géopolitiques », reconnaît Bernard Keppenne. Le choc de confiance semble être bien derrière nous et on assiste à un redressement de la demande de crédits.

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