La Revue : Risques géopolitiques de retour

bourse Nyse 2Ces dernières semaines les tensions géopolitiques en Ukraine ont eu un impact non négligeable dans les portefeuilles. « L’intervention russe en Crimée a perturbé les marchés, par crainte d’une escalade du conflit ukrainien. Bien qu’il ne soit ni dans l’intérêt de la Russie ni dans celui des pays occidentaux de s’engager sur cette voie, le risque systémique revient. Si une confrontation militaire entre les États-Unis et la Russie est pratiquement exclue, une guerre civile en Ukraine est probable. D’un point de vue économique, des sanctions à l’encontre de la Russie pourraient augmenter le prix des matières premières et affaiblir la reprise en Europe ; les États-Unis résisteraient mieux », explique Franz Wenzel de chez AXA IM.

Doit-on craindre une escalade dans ce conflit et des répercussions encore plus grandes sur les marchés ? « Si la Russie gagne son bras de fer avec les Occidentaux, ce sera une victoire à la Pyrrhus puisque son économie en sera affectée directement et indirectement du fait des sanctions éventuelles qui seront appliquées. L’économie en Ukraine est bien entendu très affectée également et sans soutien de la communauté internationale, un défaut sur sa dette ne pourrait être exclu puisque son principal soutien financier n’est autre que la Russie », explique Vincent Juvyns, Executive Director, Global Market Strategist chez J.P. Morgan AM.

A noter cependant que l’Europe importe environ 30% de son gaz naturel de Russie et que des sanctions économiques à l’égard de ce pays pourraient entrainer une rupture de l’approvisionnement. Mais qui a intérêt à voir s’installer une telle escalade ?  « La situation en Ukraine évolue vite. Cependant, si nous ne nous attendons pas à une escalade de violence, le spectre d’une montée de la tension est réel. Si la situation devait se détériorer, les actions pourraient être plus vulnérables dans le court terme », estime Russ Koesterich, Managing Director chez Blackrock.

Cependant, l’économie mondiale n’est pas paralysée par ce conflit en Ukraine. Les analystes restent confiants en ce qui concerne la croissance mondiale même si la rigueur de l’hiver aux Etats-Unis a plombé la reprise dans ce pays. « L’économie américaine a été touchée par les conditions météorologiques du premier trimestre, mais devrait rebondir sensiblement au deuxième. La reprise en Europe, bien qu’inégale, est en marche. Enfin, les pays émergents, affectés par les perturbations financières, sont en croissance », souligne Franz Wenzel.

Ces pays restent cependant encore fragiles. On pense ici surtout au déficit courant affiché par la Turquie et aux problèmes politico-financiers de pays comme l’Argentine ou le Venezuela. La croissance chinoise a aussi déçu et on a assisté au premier défaut de paiement d’un véhicule financier chinois.

Les investisseurs restent malgré tout confiants comme le souligne Invesco. « L’indice du sentiment des investisseurs européens d’Invesco reflète la persistance d’un appétit pour les actifs risqués, soutenu par la confiance dans l’économie ».

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