La Revue : Quelle perspective pour la zone euro ?

bourse-Nyse-22-150x150Dans un environnement plutôt maussade où l’Allemagne enregistre une croissance négative, où l’Italie entre en récession, l’euro a entamé une nouvelle baisse par rapport au dollar. A la Banque Pictet, on estime que cette baisse pourrait bien se prolonger encore. Plusieurs facteurs plaident, selon cette banque pour un prolongement de la baisse de la devise européenne.

« La divergence entre l’économie européenne et l’économie américaine est exceptionnellement élevée et continue de s’accroître. De plus, les politiques des banques centrales plaident en faveur d’une baisse de l’euro : TLTRO et achats d’actifs à la BCE, « tapering » en 2014 et hausse probable des taux de la Fed en 2015. Le dollar est aussi mieux rémunéré que l’euro : la différence de rendement à deux ans est à son plus haut depuis 15 ans, le taux de dépôt à la BCE est quant à lui négatif. A cela, il faut encore ajouter que les flux vers les actifs européens se tarissent : valorisations des actions élevées, déceptions sur les profits, momentum macroéconomique en perte de vitesse ».

Dans ce contexte, les commentaires sur la position de la BCE vont bon train. Certains s’échinent à critiquer depuis des mois son attitude. Les explications d’autres analystes sont plus prosaïques. « Après la baisse surprise des taux de la part de la BCE la semaine passée, Mario Darghi a peut-être voulu donner un gage de bonne volonté. Il a répondu aux critiques de ceux qui estimaient que l’euro était trop fort et il a partiellement satisfait ceux qui voulaient encore plus d’assouplissement. Mais il estime à ce stade que la BCE a fait tout ce qu’elle pouvait et qu’il incombe aux gouvernements de s’engager dans des mesures structurelles », souligne Bernard Keppenne, Chief Economist de CBC Banque. Car, comme l’a souligné Mario Draghi, la seule politique monétaire ne suffit pas. Il faut que cette politique s’accompagne de mesures budgétaires et structurelles. C’est maintenant aux Etats de prendre la relève par des mesures en matière de fiscalité ou de réductions de coûts. La reprise est à ce prix et il faut que les investissements reprennent pour que l’inflation reparte à la hausse, faire baisser le chômage et relancer l’économie. La baisse de l’euro va bien sûr favoriser nos exportations. D’un autre côté, le nouveau président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a annoncé son intention de mener des projets d’investissements publics pour 300 milliards d’euros.

Dans ce contexte, quelle est la situation de la Belgique ? « A partir du second semestre de cette année, la croissance du PIB belge devrait graduellement se renforcer sous l’effet de la timide embellie conjoncturelle en Europe et d’une progression de la demande intérieure. Sur base annuelle, la croissance s’établirait à 1,1 % en 2014 et à 1,5 % en 2015 », annonce le Bureau Fédéral du Plan dans son dernier communiqué. Le chômage devrait entamer une légère baisse dans un contexte d’inflation faible. Une bonne nouvelle est aussi annoncée sur le front des investissements des entreprises. « En ce qui concerne les investissements des entreprises, ils devraient, après un léger recul en 2013, repartir à la hausse en 2014 et 2015 parallèlement à la progression des débouchés intérieurs et extérieurs. Ils sont également soutenus par la hausse de la rentabilité, l’assouplissement récent des conditions de crédit et les besoins en investissements d’expansion (le taux d’utilisation des capacités de production industrielle se situe, depuis le début de cette année, juste au-dessus de sa moyenne de long terme). Notons que la croissance des investissements en 2014 et 2015 (respectivement 5,4 % et 1,5 %) est biaisée par un achat important (à l’étranger) de bateaux par une entreprise maritime en 2014. Abstraction faite de cet achat qui fait progresser les importations dans la même mesure et qui, par conséquent, n’a pas d’impact sur le PIB, les investissements des entreprises augmentent de respectivement 3,7 % et 3 % », relève encore le Bureau Fédéral du Plan.

C’est donc dans un environnement en demi-teinte que nous nous trouvons. En ce qui concerne les placements, les actions européennes ont toujours leur place en portefeuille « Début septembre, la BCE a pris la décision historique de se lancer dans un programme d’assouplissement du crédit qui, conjointement avec les TLTROs à venir, a pour but de faire revenir son bilan à son niveau de 2012, impliquant une augmentation d’environ mille milliards d’euros. Ce bazooka monétaire, couplé à une baisse des risques géopolitiques, suggère de remonter les actions de la zone euro, et donc les actions mondiales, à surpondérer et de ramener à neutre les obligations gouvernementales de la zone euro – avec une préférence nette pour les pays périphériques et le crédit », conseille les analystes d’AXA IM.

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