La désinflation fera surtout des perdants

William hand high-rPar William De Vijlder, BNP Paribas Investment Partners

La baisse tendancielle de l’inflation dans la zone euro domine l’actualité des marchés financiers. Elle est perçue comme un défi majeur pour la Banque centrale européenne qui, si mal gérée, risque de plonger nos pays dans une déflation à la japonaise. Mario Draghi et ses collègues ont beau répéter, à juste titre, que ce scénario est hautement improbable, il n’empêche que le sujet trouble les esprits.

Pourquoi s’inquiéter ? Pour l’instant, la désinflation a plusieurs gagnants: le pouvoir d’achat des ménages augmente par rapport à une situation où l’inflation serait plus élevée; les taux d’intérêt réels sont moins bas; la banque centrale peut mener une politique monétaire souple, qui est favorable aux marchés boursiers. Ceux-ci sont également soutenus par l’espoir de nouvelles mesures venant de la BCE.

Mais il y a aussi des perdants, à savoir ceux qui sont endettés, à commencer par les États: la valeur réelle de la dette ne baisse guère quand l’inflation est faible. Les investisseurs en actions, qui profitent de la désinflation, ont intérêt à modérer leur enthousiasme: la désinflation reflète un manque de croissance et de réactivité de l’économie aux impulsions monétaires qui, si elle perdure, finira par créer des déceptions en termes de croissance des bénéfices des entreprises.

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