Doit-on craindre un retournement sur les marchés US?

DSCN0489 dPar J.P. Morgan AM

Depuis le début de l’année, les indices boursiers américains continuent à défier la gravité et volent de record en record. On ne peut bien entendu que se réjouir de cette évolution mais certains observateurs commencent cependant à y voir le signe d’une surchauffe et craignent une correction.

Il est bien entendu quasi impossible de prévoir une correction tant les facteurs susceptibles de la déclencher sont nombreux et aléatoires mais il est revanche possible d’analyser si celle-ci se justifie d’un point de vue fondamental. Or, bien qu’il soit incontestable que les indices américains aient atteints de nouveaux records absolus, lorsqu’on analyse ceux-ci relativement à l’évolution des bénéfices des entreprises Outre-Atlantique on ne peut pas dire que l’évolution des marchés ait été artificielle.

par défaut 2014-06-28 à 09.48.43En effet, le ratio cours/bénéfices du S&P 500 est actuellement de 15,4 soit un niveau équivalent à celui de 2007 et largement inferieur à celui de Mars 2000 (25,6). Si les actions demeurent donc intrinsèquement attractives, elles le sont également d’un point de vue relatif puisque le rendement réel des bénéfices est actuellement de 4,1%, ce qui se compare favorablement au rendement des obligations d’états et d’entreprises. Il n’y a donc, à notre avis, pas de raison fondamentale qui justifie une correction mais il est vrai qu’au niveau actuel des valorisations les marchés ne pourront compter que sur la croissance des bénéfices des entreprises pour progresser. De ce point de vue, à l’aube de la saison de publication de résultats du second trimestre 2014, nous estimons que les perspectives sont positives. En effet, malgré le rude hiver que les États-Unis ont traversé les résultats des entreprises pour les trois premiers mois de l’année ont surpris positivement dans 70% des cas et progressé d’environ 7% par rapport à la même période l’an passé. Cette progression des bénéfices est due notamment à l’amélioration constante des marges des entreprises américaines qui ont jusqu’ici pu limiter les hausses de salaires de leur personnel et ont pu profiter de coûts de financement historiquement bas grâce a la politique monétaire ultra accommodante de la réserve Fédérale américaine.

Nous nous attendons cependant à ce que les marges bénéficiaires des entreprises soient davantage sous pression dans les prochains mois. En effet, la baisse du taux de chômage à 6,3% entraine une pression haussière sur les salaires et oblige la Fed à graduellement normaliser sa politique monétaire.  Cela étant, cette éventuelle érosion des marges devrait être compensée par d’autres facteurs. En effet, la croissance économique relativement forte que connaissent les États-Unis devrait entrainer une progression des revenus des entreprises américaines de l’ordre de 4 à 5%. En outre, la situation bilantaire favorable des entreprises américaines devrait leur permettre de continuer à récompenser leurs actionnaires en procédant à des rachats d’actions propres et/ou à des augmentations de dividendes.

Les entreprises du S&P 500 disposent pour ce faire encore de $ 3600 milliards de cash et ce malgré le fait qu’elles aient déjà dépensé près de $ 468 milliards pour racheter leurs propres actions aux cours des 12 derniers mois. A l’heure où les valorisations des actions sont conformes aux moyennes historiques, il est donc intéressant de constater que les entreprises américaines conservent un potentiel de croissance de leurs revenus suffisant pour compenser l’érosion probable de leurs marges ainsi que de la capacité financière de continuer à octroyer des dividendes à leurs actionnaires.

Bien entendu il est peu probable que les performances exceptionnelles des actions américaines depuis 2009 se répètent dans les prochaines années mais les investisseurs devraient toutefois pouvoir espérer un rendement compris entre 6 et 9% provenant pour 4 à 6% de la croissance bénéficiaire et pour 2,5% à 3% des dividendes. Dans ce contexte, et même si l’on ne peut jamais exclure une correction, il nous semble prématuré de réduire son exposition aux États-Unis et nous estimons qu’il est toujours préférable de surpondérer les États-Unis dans un portefeuille diversifié.

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