Actualité : La zone euro va dégager de belles performances

DSCN2500Tel est l’avis confiant de Jean-François Bay, Directeur Général de Morningstar pour la France. Sur quoi se base une telle assurance? « Nous distinguons les prévisions à court et à long terme. Nous pensons qu’à long terme, la situation ne peut que s’améliorer dans la zone euro en raison de la croissance qui est repartie à la hausse. La crise économique semble résorbée et, surtout, les actions de la BCE démontrent à quel point le banquier central soutiendra les Etats et les banques », explique Jean-François Bay.

Un deuxième élément conforte cet avis. Partout dans le monde, la croissance économique a rebondi. Les pays anglo-saxons, Royaume-Uni et Etats-Unis, ont entamé une croissance désormais auto-entretenue après avoir été encouragée par des politiques monétaires ultra accommodantes. Enfin, un troisième point rassure les marchés, c’est la bonne visibilité sur l’avenir. « Les banques centrales sont tellement à la manœuvre, elles donnent des indications claires et offrent une visibilité sur les actions à venir, ce qui laisse peu de place aux surprises », estime Jean-François Bay.

Un peu simpliste ? Et si tout cela n’était que le calme avant la tempête ? Et que penser des risques géopolitiques qui ont refait surface dans un environnement encore fragile ? « Nous ne nions pas une possible guerre en Irak ni les troubles en Ukraine. Cependant, il faut reconnaître que ces chocs sont bien absorbés par les marchés. La volatilité sur les marchés est à un niveau historiquement bas. Par ailleurs, les interventions des banques centrales aseptisent les marchés. Les taux d’intérêts au plancher et les politiques budgétaires qui redeviennent plus agressives dans certains pays de la zone euro sont autant de leviers pour activer la relance économique », pense Jean-François Bay.

Les crises systémiques se sont calmées et on ne parle plus d’un possible éclatement de l’euro. Finalement, la crise a renforcé le système. La supervision bancaire, la baisse des déficits et le resserrement des dépenses publiques ont enclenché un cercle vertueux. L’Europe a bénéficié de leviers uniques qui ne se sont plus vus depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. « Les investisseurs reprennent goût aux actifs risqués. La consommation repart à la hausse car l’argent ne rapporte plus rien. C’est une période assez confortable car la BCE a donné son blanc seing pour trois ou quatre ans », ajoute encore Jean-François Bay.

Il faudra bien sûr qu’un bon relais politique se mette en place. D’ici là, à court terme, il faudra être très flexible car il y aura encore des remous. Nous sommes sortis de la crise, des leviers ont été mise en place. Contrairement aux Etats-Unis, nous ne sommes pas encore dans une phase de croissance auto-entretenue en zone euro. « Il faut bien distinguer le court et le long terme. La courroie de transmission est indirecte et compliquée en zone euro car le relais politique prend du temps. Si, à long terme le cycle est tracé, à court terme la zone euro sera encore dans une période d’inquiétude avant de devenir une zone d’opportunités. Impatients et risquant d’être déçus, les marchés européens pourraient connaître une correction à court terme. Cette correction sera alors une source d’opportunités pour le long terme », assure Jean-François Bay.

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