Régression vers la moyenne, et dans les investissements ? (partie 2)

IMG_1050Par Fidelity

Les valeurs sûres ont tendance à ne pas répondre à des motifs d’achats impérieux ni ne présentent d’éléments de croissance attractifs comme c’est le cas pour le numérique et le commerce électronique. Elles n’ont généralement pas de « meneurs de claque » et leur commerce peut souvent être assez ennuyeux. Mais les affaires ennuyeuses peuvent être rentables et les actions peuvent devenir bon marché de façon irrationnelle en raison d’un changement d’humeur des investisseurs.

Certains secteurs de la bourse s’emballent parfois, tandis que d’autres s’endorment. Entre 2000 et 2003, les cours des actions technologiques se sont effondrés à la suite de la bulle Internet. Mais en même temps, les titres de la « vieille économie » tels que les brasseries, mis au ban de la bourse durant les années de ruée vers les actions technologiques parce que considérés comme ennuyeux, se sont particulièrement bien comportés en remontant vers la moyenne. Les secteurs spéculatifs se sont dégonflés et les investisseurs excédés, à la recherche de revenus fiables, se sont tournés vers les secteurs jusqu’alors mal aimés.

Certains FNB systématiques tentent de tirer profit du phénomène du retour au rendement moyen sur le marché mais il est fortement conseillé aux investisseurs d’examiner soigneusement le volume d’affaires de telles stratégies ainsi que la nature et la structure du portefeuille. Les approches systématiques basées sur la recherche des actions bon marché ne font pas la distinction entre des opportunités bon marché mais solides et des actions purement spéculatives pouvant s’effondrer à tout moment. Les actions bon marché ne peuvent pas revenir à la moyenne en cas de faillite.

Seule une analyse approfondie des entreprises et du secteur d’activité peut permettre de distinguer les véritables opportunités des valeurs pièges. Comme celles d’autres banques britanniques et européennes, les actions Lloyds ont été durement touchées par la crise financière lorsque la confiance des investisseurs a radicalement chuté. Encore supérieur à 2 livres sterling l’année précédente, le cours de l’action a chuté début 2009 jusqu’à 21 pence. Après un modeste rebond au milieu de l’année 2009, l’action s’est installée dans une nouvelle fourchette de négociation avant de rechuter en 2011, victime des nouvelles craintes suscitées par les banques en pleine crise européenne de la dette souveraine. Au cours de l’été 2011, le cours a quitté sa fourchette d’échange sur 12 mois pour replonger, le marché étant devenu sceptique quant aux capacités de la nouvelle équipe dirigeante et du nouveau CEO Antonio Horta Osorio. L’évaluation de l’entreprise s’inversa alors (les analystes de Fidelity placèrent l’action parmi les titres à acheter en priorité) et les investisseurs orientés vers la valeur virent l’opportunité de placer leur argent dans une banque solide bien positionnée sur le marché britannique, avec un potentiel de baisse limité. L’action a ensuite progressé d’environ 70 % (alors que le rendement de l’indice FTSE 100 était de 10 %).

Lloyds : Le parcours d’une valeur classique

par défaut 2014-05-05 à 15.45.02Actions mises en « achat fortement recommandé » par les analystes en juin 2011

Février 2008    Février 2009    etc..

Cours de l’action Lloyds (LHS)

Revenu par action à 12 mois (RHS)

Source : DataStream, 6 ans jusqu’au 3 février 2014.

Le retour au rendement moyen est toutefois un concept qui peut parfois prêter à confusion dans le monde de l’investissement. Les pistes sont brouillées du fait que certaines stratégies d’investissement (approches valeurs, approches à contre-courant) semblent en partie dépendre de l’existence du retour au rendement moyen, et d’autres de l’existence d’exceptions notables (et considérables) à cette « règle ».

Dans ce cas, les exceptions sont ces fameuses actions « earnings growth compounder » qui contredisent la théorie du rendement moyen (en termes de profit et de cours de l’action). Ces actions peuvent faire augmenter les bénéfices durant une période prolongée en raison d’un puissant moteur de croissance structurelle – par exemple une évolution démographique favorable – généralement combiné avec quelque avantage durable en matière de compétitivité (une technologie protégée par un brevet ou des droits de propriété, souvent assortis d’une fidélité à la marque).

Le défi consiste à identifier correctement ces actions et à investir au bon moment. Les outils d’évaluation prospectifs tels que le modèle des flux de trésorerie actualisés peuvent être particulièrement utiles pour prévoir les rendements potentiels, les ratios cours-bénéfice pouvant parfois être trompeurs. Durant la plus grande partie de la dernière décennie, l’action vedette Apple était sans cesse dénoncée par ses détracteurs comme étant trop chère mais elle a prouvé le contraire en générant une croissance des revenus basée sur un solide portefeuille de produits répondant à une demande soutenue.

Cela est une preuve supplémentaire que certains titres reviennent au rendement moyen tandis que d’autres échappent totalement à ce phénomène. C’est une autre façon d’aborder le vieux débat entre croissance et valeur. Le bien-fondé de ces deux approches est sans cesse confirmé sur le marché par de nombreux exemples.

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