Comment réussir la transmission et le rachat d’une PME ?

L’exemple des Etablissements De Smet.

En 1913, Charles Brown arpente les rues d’Enghien avec sa charrette à bras en vendant le la glace à la boule. Les affaires prospèrent et il peut acquérir un cheval et une carriole. Au fil des ans, l’entreprise se développe : la fabrication de glace en vrac remplace la vente à la boule et l’activité est reprise en 1927 par le beau-fils de Charles Brown, Henri De Smet.

Cent après sa création, la société est aux mains de Baptiste de Fraipont, un jeune entrepreneur de 31 ans qui rachète et poursuit l’activité de cette entreprise familiale de la cinquième génération. Aujourd’hui, les Etablissements De Smet réalisent un chiffre d’affaires de 1,6 millions d’euros en fabriquant et en vendant de la glace en portions individuelles à des grandes surfaces en Belgique, en France, Allemagne, Royaume-Uni et Pays-Bas. L’usine travaille sur commande et sur-mesure pour chaque grande surface (taylor made). La recette est élaborée avec le client selon un cahier des charges très précis. La force de cette petite entreprise wallonne réside dans sa flexibilité à s’adapter aux désirs de son client en se concentrant uniquement sur la production.

Beaucoup de jeunes désirent se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat. En marge de la création de société, la reprise d’une entreprise est souvent négligée. Baptiste de Fraipont nous fait part de son parcours et de son expérience dans ce domaine. Jeune diplômé ingénieur de gestion de Namur, il commence sa carrière chez Deloitte et la poursuit chez Securitas. Après sept ans, il renoue avec son rêve de toujours : devenir entrepreneur. « J’ai toujours su que je voulais devenir entrepreneur, avoir ma propre société. Je pensais aussi que racheter une entreprise n’était pas envisageable en raison du coût du rachat. Puis, j’ai réalisé qu’il existait de nombreuses possibilités. Les jeunes pensent trop souvent qu’il faut avoir une idée de génie pour lancer sa propre boîte alors qu’il existe de belles opportunités dans le rachat de PME », note Baptiste de Fraipont.

Mais comment racheter une société ? Voici quelques conseils.

Il y a quatre manières de dénicher une entreprise à reprendre.

–       La première consiste à en parler autour de soi. On sous-estime souvent la force des réseaux.

–       On peut également se renseigner auprès de cabinets qui sont spécialisés dans la cession d’entreprises.

–       La Sowaccess est également, en Wallonie, un outil précieux dans le rachat d’entreprises. Cette filiale de la Sowalfin met en relation des cédants de PME avec des repreneurs potentiels. (www.sowaccess.be).

–           Les banques offrent aussi de genre de service mais il est principalement axé sur des reprises d’entreprises d’une certaine taille.

A noter aussi que la Sowaccess offre la possibilité aux repreneurs de suivre des sessions de cours et d’avoir accès à une base de données décrivant les activités des sociétés à reprendre. « Lorsque nous rejoignons ce réseau, nous recevons un petit résumé des entreprises qui sont susceptibles de nous intéresser. Ensuite, sur base d’un contrat de confidentialité, nous recevons un dossier plus détaillé sur l’entreprise pour laquelle on marque un intérêt plus poussé. Viennent ensuite la prise de contact et les discussions avec les cédants. La partie financière est alors abordée : constitution du business plan et recherche de financement », explique Baptiste de Fraipont.

Comment financer un tel projet ?

Il est évident qu’une mise de fonds propres est nécessaire. Elle varie en général entre 20 et 40% du montant total à financer. Dans le cas des Etablissements De Smet, la mise de fonds propres a été initiée par la famille proche. Dans le cadre de la reprise de PME, la Sowalfin peut aussi intervenir : soit en procurant du financement, soit en émettant une garantie en couverture d’un crédit bancaire. « Très souvent, on constate que, sur le financement externe, la Sowalfin intervient, sous une forme ou sous une autre, à concurrence de 50% du financement externe. Les banques interviennent alors pour les 50% restants», note Baptiste de Fraipont.

L’avantage dans la reprise d’une PME, c’est que, contrairement à une start-up, elle ne part pas de rien. Elle a déjà un historique, des chiffres, une expérience. « Cependant, il ne faut pas se précipiter trop vite vers le financement externe. Il faut prendre le temps de bien préparer son dossier et établir un business plan qui tienne la route. Il faut veiller à assurer une crédibilité au projet car la première impression est cruciale. Ce n’est certes pas facile de trouver du financement mais si le projet tient bien la route, si le dossier est complet, bien présenté, les banquiers ne nous claquent pas la porte au nez et j’ai pu ainsi disposer de trois offres de banquiers. Ces offres n’étaient pas équivalentes mais avaient chacune leurs spécificités », ajoute Baptiste de Fraipont.

Après la reprise, l’entrepreneur aura l’inévitable choc entre la théorie et la pratique. Pour faciliter la reprise dans de bonnes conditions, il est préférable que le cédant épaule le repreneur pendant quelques mois tout en sachant se retirer doucement des affaires en passant la main. « On a souvent l’impression que la difficulté est surtout dans la préparation de la reprise, la constitution du dossier. En réalité, c’est après, dans le concret de la reprise que l’on se rend compte qu’il y a tout un secteur à découvrir, une entreprise, un personnel, des clients, des fournisseurs, l’ensemble des stakeholders à rencontrer. On recommence à zéro. C’est à la fois passionnant et difficile. C’est un challenge avec ses bonnes surprises et ses moments plus difficiles. On s’initie étape par étape. Dans ce cadre, une bonne transition et une bonne transmission avec le management précédent sont très importantes. Cependant, je n’ai pas cette impression de devoir tout porter tout seul. L’équipe ici est dévouée, les propriétaires précédents m’aident beaucoup et je bénéficie aussi d’un bon soutien dans ma famille. Il est bon aussi de se créer des relais, des lieux où l’on peut échanger avec d’autres entrepreneurs, des groupes de personnes qui ont les mêmes préoccupations. Ce type de réseaux nous permet aussi de ne pas nous sentir trop seul », relève Baptiste de Fraipont.

La reprise d’une entreprise est donc une bonne alternative à la création d’une start-up. Il s’agit bien sûr d’un beau défi à relever et les opportunités de reprises de PME ne manquent pas en Wallonie.

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3 réponses à Comment réussir la transmission et le rachat d’une PME ?

  1. Charles de Goussencourt dit :

    Bonne chance et bravo pour cette initiative !

  2. Cecile Denis dit :

    Bravo à ce jeune entrepreneur qui a osé se lancer dans ce rachat de PME en cette époque économiquement troublée.
    Toutes mes félicitations.

  3. Maximilien Denis dit :

    Super article ! merci ! Très instructif, combien de personnes ne m’ont pas dit qu’elles attendaient l’idée de génie pour se lancer…
    le site http://www.brutrade.be est très bien pour trouver les entreprises à vendre en région Bxloise…

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