Sicav, dis-moi pourquoi tu es la plus belle ! Ou la plus laide…

Par PVC

Star des produits de placement en Belgique, promue avec feu par les grands acteurs financiers actifs chez nous, la sicav est et reste « le » produit de placement par excellence. Si vous n’avez pas la chance de bénéficier des services d’un « private banker » dévoué à votre famille, c’est sans doute ce que tout conseiller financier vous servira. Et il aura sans doute raison : sur le papier, la sicav c’est la panacée. Souple, diversifiée, calquée sur votre profil d’investisseur, elle a tout pour séduire.

Mais comme tout produit de ce type, il faut l’analyser, la décortiquer, savoir à qui elle rendra les meilleurs services : à vous ou à un banquier… Il faut donc s’intéresser de près aux conditions qui ne seront sans doute jamais utilisées mais qui sont là pour faciliter la vie du promoteur de cette société atypique, au détriment s’il le faut de celle du petit actionnaire, celui qui a acheté des parts de l’entreprise d’investissement. Certes, c’est ennuyeux et un peu touffu. Mais il existe des outils qui permettent d’avoir une approche plus lucide de l’outil proposé. Il s’agit du prospectus mais aussi du KIID (Key Investor Information Document) qui doit être fourni par le fonds et reprend des données fondamentales. Comment les lire ? Avec le plus d’esprit critique possible. Un coup d’oeil sur les frais, sur le niveau de risque (pris par l’actionnaire), sur la référence (indice) et sur la capacité du fonds de se soustraire aux éventuels retournement du marché. S’il ne s’agit que de suivre un indice (à la hausse et… à la baisse!), pourquoi ne pas se contenter d’un simple « tracker » ? Calculez ce que la sicav vous aura coûté avant même d’avoir produit le moindre euro de bénéfice !

N’oubliez jamais qu’une des clauses comprises dans ces fonds consiste à permettre au promoteur de les dissoudre, tout simplement. Ceci, à condition par exemple, que le volume de fonds récoltés (encours) soit trop faible pour lui permettre de se rémunérer correctement. Encore une fois, on voit clairement qui porte le risque de cette affaire… Sans reprendre ici de nom précis, retenez que beaucoup de sicav ont été ainsi liquidées pour cause d’encours réduit, pas par manque de participants, mais suite à la fonte de leurs actifs. Certains fonds luxembourgeois ont ainsi disparu suite à des placements mal avisés dans d’autres fonds promus par un certain… Bernard Madoff. Ce dernier, qui avait séduit des investisseurs en leur servant des intérêts payés par d’autres investisseurs, a fini par se faire démasquer. Il vit désormais en prison. Pour les investisseurs concernés par la chute de leur fonds, ceci montre que leurs propres gestionnaires avaient préféré déléguer le travail à d’autres. Leur argent a disparu ou, au mieux, sera partiellement compensé par la liquidation. Dans beaucoup de cas, les promoteurs proposent aux actionnaires d’échanger leurs parts contre des parts d’un autre fonds. La perte éventuelle n’est donc pas encaissée immédiatement et il leur reste l’espoir que le nouveau fonds sera plus performant que le précédent. Une fois acceptés les termes de l’échange, il est courant que l’investisseur mal conseillé perde au passage toute possibilité de recours. Les promoteurs jouent sur le manque de réactivité des investisseurs.

Pas courantes, les liquidations ou les absorptions dans le monde des sicav ? Un bon moteur de recherche Internet vous révélera bien des choses à ce propos. Tapez-y simplement « sicav liquidation » ou « sicav liquidation-absorption ». C’est édifiant.

Fonds monétaires, hedge funds perdants parfois !

Pourquoi certains fonds monétaires ont-il dégagé une performance négative suite à la crise des subprimes ? En 2009, nous avons connu une situation totalement inédite : on ne pouvait plus dénouer une opération d’achat-vente sur le marché des obligations à court terme car il n’y avait plus d’intermédiaires. Le vendeur qui voulait absolument vendre devait casser les prix. Pour protéger les investisseurs qui savaient être patients et qui voulaient rester dans les fonds monétaires, il a fallu suspendre certains fonds par un système de lock-up.  Ils s’agissait surtout de protéger les épargnants qui restaient dans les fonds. Les sous-jacents de ces fonds étant devenus illiquides, certains asset managers ont donc dû prendre des mesures inédites pour sauvegarder les intérêts de leurs clients. Au départ, les papiers placés dans ces fonds étaient des papiers de qualité mais le marché s’est vidé et cela pouvait encore durer un à deux mois. Faute d’acheteurs, les prix se sont effondrés. Dans une telle situation de marché, les grands perdants sont sans conteste les hedge funds qui ont dû impérativement dénouer des positions dans un climat désastreux.

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