Intégrer les critères extra-financiers dans un processus d’investissement d’actions : quelle valeur ?

Par Petercam

Le monde des investisseurs, en particulier celui des actions, est assez familier avec les ratios financiers de type bénéfice par action, rendement global, etc. Qu’en est-il des critères extra-financiers ? Il s’agit ici des éléments qui n’interviennent pas directement dans les bilans et comptes de résultats des entreprises. Quand ils sont communiqués, ils se retrouvent davantage dans les annexes des bilans voire même dans un rapport à part entière, appelé le rapport extra financier quand il existe. Ce rapport est bien moins connu des investisseurs actions, notamment des analystes et des gérants et pourtant il n’en est pas moins intéressant.

Une vue globale sur la société

Le monde financier revient à une optique globale de la société, c’est-à-dire que celle-ci s’inscrit dans un contexte global, relativement complexe et fortement interconnecté. Le rôle de l’entreprise ne se limite pas à délivrer des bénéfices, payer des taxes, faire des provisions de risques et de pensions et réaliser une performance boursière. De par son activité, elle joue un rôle à part entière vis-à-vis de ses employés, clients, fournisseurs, régulateurs et ceci dans un environnement global, soumis à des enjeux majeurs tels que le changement climatique, le défi démographique et la rareté des ressources, énergétiques, agricoles et autres.

Cependant, ce rôle et cet impact ne sont pas aisément mesurables et quantifiables. Les critères extra-financiers découlent souvent du domaine de l’intangible, d’où la difficulté de mesure objective. De plus, l’approche extra-financière est relativement récente et ses outils et méthodes ne sont pas encore matures. A l’opposé, l’analyse financière a maintenant une expérience de plus de 100 ans et a connu de fortes évolutions notamment en matière de standards et de normes.

En effet, chaque secteur a ses spécificités propres et requiert des connaissances pointues. La garantie que les méthodologies utilisées sont parfaitement comparables n’est pas toujours assurée puisque les repères et standards dans les matières doivent encore évoluer.

Parallèlement, les organismes de contrôle, les auditeurs, etc. n’ont pas encore acquis toutes les connaissances suffisantes dans ces domaines pointus pour valider et certifier des comptes extra-financiers avec la même garantie de contrôle et de conformité qu’ils ne pourraient le faire pour les bilans et comptes de résultats. Il faut ici aussi laisser le temps au temps pour les formations, les connaissances et les évolutions des normes et standards à adopter en la matière. Il y a donc encore du chemin à parcourir comme cela a été le cas pour les rapports financiers. Rappelons combien il paraissait difficile voire impossible d’établir des comptes consolidés il y a quelques années. Aujourd’hui, il paraît invraisemblable qu’une multinationale ne rapporte pas de comptes consolidés.

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