Obligations liées à l’inflation : le bon moment ?

Au risque de passer pour des perroquets, certains prophètes économistes nous annoncent depuis plus de deux ans le retour de l’inflation. Or, comme sœur Anne dans Barbe–Bleue, nous ne voyons rien venir sinon « le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie ». Cependant, même si cette inflation ne semble pas être à l’ordre du jour dans l’immédiat, certains gestionnaires estiment que les obligations liées à l’inflation sont particulièrement bon marché pour le moment et qu’il est peut-être opportun de prendre une position dans ce type d’investissement dans une optique de long et moyen terme. Pourquoi?

« Les banques centrales continuent à injecter des montants importants de monnaie dans le système financier global à travers des opérations de quantitative easings. Ce processus est, à cette échelle, sans précédent et suppose des défis importants en termes de timing et présente un risque potentiel significatif en termes d’inflation. Pour les investisseurs qui ont une vue à moyen terme, et alors que le risque d’inflation pourrait évoluer dans les deux à trois ans à venir, il s’agit d’un bon point d’entrée dans les obligations liées à l’inflation. C’est le moment opportun de construire une allocation stratégique dans cette classe d’actifs. Le meilleur moment pour acheter des obligations liées à l’inflation, c’est avant que l’inflation ne devienne un problème », conseille  Andy Weir, portfolio manager fixed income chez Fidelity.

C’est parce que le marché des obligations liées à l’inflation est focalisé sur le court terme que ces obligations sont si intéressantes. Ces dernières années, l’offre de monnaie a littéralement explosé pour compenser la contraction des prêts octroyés par le système financier, ce qui a engendré un gonflement des bilans des banques centrales. Ce véritable mur monétaire pourrait devenir une source d’inflation dans la mesure où les prêts octroyés par le système bancaire vont augmenter et que la vitesse de circulation de la monnaie va réagir à la hausse.  « La donne économique est en train de changer lentement mais sûrement. Malgré quelques données économiques mitigées, il y a des points positifs qui annonce que le momentum est présent pour une reprise de la croissance aux Etats-Unis grâce aux prêts bancaires et à une reprise du secteur immobilier », constate Andy Weir. Les conditions se mettent en place pour une relance de l’inflation à moyen terme et les investisseurs peuvent donc envisager de s’en protéger à terme.

Le choc inflationniste ne devrait plus venir, comme par le passé, d’une hausse des prix de l’énergie. Les Etats-Unis semblent désormais à l’abri d’un tel danger avec le développement de l’exploitation du gaz de schiste. Cependant, il ne faut pas sous-estimer l’impact des facteurs géopolitiques et l’influence de la hausse des prix alimentaires qui sont soumis à une forte pression de la demande dans les pays émergents. L’arrêt des politiques de quantitative easings pourrait aussi entrainer les taux d’intérêts à la hausse. « Même si l’inflation actuelle est faible, les investisseurs doivent apprécier le risque que l’inflation future posera dans les rendements de leur portefeuille. Les obligations liées à l’inflation doivent donc s’envisager comme une allocation structurelle à moyen terme », conclut Andy Weir. Les prophètes pourraient donc bien avoir raison… un jour !

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