Cycle de crédit : Où en sommes-nous ?

Par Dexia AM

Alors que nombreux intervenants de marché font l’écho des prémices de la formation d’une bulle sur le crédit, en particulier sur le haut rendement, il convient de s’interroger sur la situation du cycle actuel. La  baisse conséquente du risque systémique grâce au soutien inconditionnel des banques centrales, mais également un support technique fort font que les primes de risque ont atteint le niveau le plus bas de janvier 2008.

Au niveau macro, les grandes zones économiques affichent une certaine divergence avec d’une part une économie européenne plongée en récession  et d’autre part une économie américaine affichant une croissance supérieure à 2%. Comme en témoigne l’indicateur financier du ratio des prêts/dépôts des banques américaines proche de 70, le mécanisme de transmission du crédit à l’économie s’est rétabli. Par contre en Europe, ce ratio est encore bien supérieur à 100 ! Si la macro inquiète en Europe, la micro, elle, est plus clémente. En effet, les entreprises ont pu jusqu’à présent préserver leur marge via des gains en productivité et des plans drastiques de réduction de coûts tout en assainissant leur profil financier. Bien évidemment, les différences sectorielles sont significatives, tel un secteur des télécommunications toujours en désendettement et un secteur de la santé traditionnellement défensif et moins cyclique.

 

Par ailleurs, on constate tout comme lors du cycle précédent que la catégorie «,investment grade » est une catégorie d’obligations plus sensible à l’évolution des taux d’intérêts alors que la catégorie haut rendement est plus sensible à l’évolution du taux de défaut par définition. Depuis fin 2010, ce taux de défaut est resté dans un intervalle de 1.8% à 3.5% d’après l’agence de notation Moody’s, tant en Europe qu’aux Etats-Unis. Le facteur déterminant du risque de défaut et d’écartement des spreads de crédit demeure principalement l’accès au crédit ; celui-ci ayant été facilité par les opérations de LTRO menées par la BCE.

Par conséquent, le marché du crédit devrait continuer à bénéficier des liquidités fournies par les banques centrales et du fait que les sociétés sont engagées à maintenir une stabilité financière et demeurent prudentes en terme d’investissements.

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