Attention, pourquoi une obligation n’est pas l’autre ?

La poche obligataire joue le rôle d’amortisseur de risque dans un portefeuille. Pour remplir cette mission, les obligations doivent être émises sur des états ou des sociétés de bonne qualité et elles doivent être suffisamment liquides. Il convient donc d’être particulièrement attentif à la composition de cette classe d’actifs car on peut y trouver, parfois, des obligations qui présentent un risque qui peut être assimilé à un risque « actions ». Comment s’y retrouver et sur quoi faut-il porter son attention ?

  • Le premier point qui doit attirer l’attention est le rendement. Si, dans votre portefeuille obligataire, vous remarquez un ou plusieurs postes qui offrent des rendements supérieurs aux rendements des placements obligataires peu risqués cela signifie que cette (ou ces) obligations présente(ent) un risque plus élevé. Tout risque supplémentaire a un coût et offre donc un taux d’intérêt supérieur. Au-delà de la performance, il faut donc s’interroger sur le risque qui permet d’offrir cette performance. Par exemple, dans une période de taux bas, alors qu’une obligation gouvernementale quasi sans risque comme le Bund allemand, n’offre que du 1%, une obligation qui affiche du 6% pour la même période sera une obligation présentant un risque plutôt élevé. Derrière un rendement élevé, se cache un risque de débiteur ou un risque de liquidité, c’est à dire une obligation qui sera plus difficile à vendre sur le marché secondaire.
  • Il ne faut pas s’arrêter à la simple dénomination de l’obligation ni au nom de son émetteur. Un grand nom peut parfois présenter un risque important (comme Peugeot, par exemple).
  • Une attention particulière doit également être portée sur les obligations émises par des établissements bancaires. En effet, dans cette classe d’émetteurs on peut trouver des émissions de types très différents. Il y a les dettes seniors classiques qui, en cas de faillite ou de défaut de paiement, seront remboursées les premières. Il y a ensuite les dettes subordonnées ou les dettes perpétuelles qui sont assimilées à un risque actions, car elles ne seront pas remboursées en priorité. En cas de faillite, ces dettes sont assimilées à du capital. Comment les repérer dans un portefeuille ? D’abord par leur nom (perpetuals, …), ensuite par leur maturité (échéance, durée) plus longue et enfin, par leur taux plus élevé. Il faut donc demander à son gestionnaire quelle est la proportion de ces dettes subordonnées ou perpétuelles dans la poche obligataire.
  • Il est aussi important de regarder le rating des sociétés ou états qui se retrouvent dans la poche obligataire. Parfois, les obligations n’ont pas de rating et cela doit attirer l’attention de l’investisseur car ces obligations représentent plus de risque.
  • Derrière certaines dénominations obligataires peuvent également se cacher des produits structurés complexes. Ces produits ont fait l’objet de la signature d’un moratoire entre la FSMA et les institutions financières et se repèrent, en général, dans les portefeuilles car ils portent souvent le nom anglais de « notes ». Il faut donc aussi demander à son gestionnaire quel est le pourcentage de ces produits structurés dans le portefeuille obligataire. Il faut aussi être attentifs aux obligations reverse convertibles qui sont très risquées.
  • Il faut également regarder  dans quelle devise est libellée l’obligation, car au risque débiteur peut encore s’ajouter un risque devise.
  • Il faut toujours lire le prospectus d’émission de l’obligation à laquelle on veut souscrire ou que l’on veut acheter sur le marché secondaire car ce prospectus met en avant les risques liés à l’activité de la société émettrice.
  • S’il s’agit d’une sicav obligataire, le niveau de risque est repris dans le prospectus abrégé (KIID). Il faut bien analyser le contenu de la sicav et voir dans quels types de produits elle investit ou peut investir.
  • Certaines obligations sont par contre moins risquées comme les obligations bancaires covered bonds ou obligations sécurisées qui sont, quant à elles, couvertes par un portefeuille de crédits hypothécaires qui reste dans le bilan de la banque.
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