Hit-parade des fonds : Japon, le retour

Le hit-parade mensuel des fonds de MoneyStore reprend les 10 meilleures et les 10 moins bonnes performances des fonds commercialisés en Belgique toutes catégories confondues depuis le début de l’année. Ce hit-parade reprend donc les performances du mois de janvier.

Alors que les mines d’or semblent s’être toujours bien installées dans le bas du classement, nous relevons aussi trois fonds sur la Corée qui font leur apparition dans les moins bonnes performances. Par contre, du côté des stars du classement, nous voyons apparaître des sicav investies en valeurs japonaises. Le Japon fait à nouveau parler de lui en raison des mesures exceptionnelles prises en matière de politique monétaire par son premier ministre Abe.

Le yen s’est déprécié et cela n’a pas eu un impact uniquement sur le Japon mais cette mesure semble bien irradier dans toute la région. « Si le yen continue à se déprécier, alors il y a un risque que d’autres monnaies asiatiques se déprécient également. L’histoire des fondamentaux à long terme des économies de l’ASEAN n’est pas brisée et reste attractive mais nous avons vu l’année passée qu’une masse importante de monnaie a irrigué les marchés de l’ASEAN. Ces marchés sont devenus très fréquentés et donc très coûteux. C’est pourquoi, nous pensons que nous sommes entrés dans une phase de prise de bénéfices et que les investisseurs se dirigent vers d’autres marchés, comme la Chine, par exemple », estime Catherine Yeung Investment Director for Equities at Fidelity Worldwide Investment, à Hong Kong. Les Coréens sont des grands acteurs, des gagnants qui avaient réussi à accroître leur part de marché dans toutes les situations. Quand on voit ces sociétés, ce sont des entreprises de télécommunications, des acteurs technologiques ou des constructeurs automobiles qui ont un véritable pouvoir sur les prix. Il faut vraiment favoriser le stock-picking dans ce marché. « Le KOSPI (indice de la bourse de Corée) est descendu de 1.76% en janvier parce que le marché coréen s’est découplé des marchés mondiaux en raison principalement de l’appréciation de la monnaie coréenne par rapport au yen, des résultats décevants des entreprises coréennes et de conditions de liquidité défavorables dues aux ventes des investisseurs étrangers », notent les analystes du groupe BNP Paribas.

Quant au Japon, il a pris un tournant assez intéressant en termes de politique économique. Les dirigeants japonais ont décidé de changer de stratégie dans une économie qui n’arrivait pas à se relever. On parle d’ailleurs de « scénario à la japonaise ». Après 15 ans de ce scénario, le premier ministre Abe opte pour une politique plus expansionniste et décide d’abandonner l’austérité en adoptant un programme d’assouplissement monétaire avec un objectif d’inflation de 1 à 2% dans un pays qui connaît une déflation depuis des années. « Si l’économie japonaise surprend à la hausse en 2013 et si la déflation touche à son terme l’année suivante, ceci confirmerait l’existence d’un cercle vicieux d’attentes déprimées. Ceci suggérerait que des politiques soutenant davantage la demande sont nécessaires pour sortir de cet état et inciterait probablement les décideurs politiques du Japon, et éventuellement d’autres régions du monde, à mener une politique de relance plutôt qu’une politique d’austérité », estime Valentijn van Nieuwenhuijzen, Head of Strategy chez ING Investment Management. Reste à voir si les épargnants japonais qui ont investi massivement dans la dette publique (200% du PIB) continueront à se satisfaire de rendements faibles en cas d’apparition d’une inflation qui viendra éroder leur revenu obligataire. Affaire à suivre !

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