Qu’est-ce que la gestion « sicavisée »? Avantages et inconvénients

Par ING IM

Tout détenteur d’un patrimoine mobilier se trouve confronté au problème de l’investir s’il ne veut pas voir ses économies grignotées, lentement mais sûrement, par l’inflation. Investir n’est cependant pas une activité dans laquelle on peut se lancer à la légère. En effet, outre une parfaite connaissance de soi-même, en termes  de rendement souhaité et de tolérance aux risques, investir exige de bonnes connaissances en économie et en finance ainsi qu’un investissement temporel important si l’on veut pouvoir suivre l’évolution des marché financiers. Ces dernières années, investir est en outre devenu de plus en plus complexe en raison de la globalisation des marchés financiers, de l’émergence de nouveaux instruments financiers et de la multiplication des crises.

Aujourd’hui, si l’on souhaite gérer son portefeuille en bon père de famille, on ne peut ainsi plus se contenter d’investir dans nos joyaux nationaux, que sont le BEL 20 et les OLO, mais il faut impérativement adopter une approche holistique afin d’aborder les marchés financiers dans toute leur diversité. Cette approche holistique nécessite cependant une somme de connaissances que seuls des professionnels ou des passionnés (disposant de beaucoup de temps à consacrer à leur passion) pourront acquérir.

En effet, suivre les 6000 valeurs qui composent l’indice MSCI World requière davantage de temps et de connaissances que de suivre nos 20 principales valeurs nationales. Cela suppose en outre que l’on puisse comprendre et anticiper les fluctuations des différentes devises dans lesquelles ces valeurs sont notées. Il en va de même pour les investissements en obligations pour lesquelles, outre la devise dans laquelle elles sont libellées, il faut impérativement pouvoir suivre les différentes variables économiques, propres au pays émetteur, susceptibles d’influencer leur cours, à l’instar de la politique monétaire ou de l’inflation.

Avoir les connaissances nécessaires pour appréhender cette approche holistique est une condition nécessaire mais certainement pas suffisante pour gérer son portefeuille conformément aux standards actuels. En effet, lorsque l’on se concentrait sur le BEL 20, on pouvait se satisfaire d’une bonne diversification sectorielle, aujourd’hui il faut en outre, tant pour les actions que les obligations, veiller à une bonne diversification en termes géographiques et de devises. Une telle diversification nécessite cependant un portefeuille d’une taille conséquente si l’on ne veut pas être obligé de devoir faire des compromis vis-à-vis de sa stratégie d’investissement. Même avec le patrimoine mobilier par habitant le plus élevé d’Europe, la plupart des belges n’auront ainsi jamais un portefeuille de taille suffisante pour pouvoir intégrer tous les raffinements de l’ingénierie financière actuelle et ce même s’ils en maîtrisent tous les paramètres.

La gestion sicavisée permet de résoudre cette difficile équation dans la mesure où elle réunit au sein d’un même véhicule d’investissement, des gestionnaires professionnels et des capitaux importants, puisqu’investis par une multitude d’actionnaires. L’investisseur pourra, selon les cas, composer son portefeuille avec des sicav – pour les matières qu’il maîtrise moins – et des lignes directes en actions et obligations, soit déléguer la gestion de l’ensemble de son portefeuille à des sicav patrimoniales. Ces sicav se déclinent en différents compartiments dont l’allocation stratégique (pondération actions/obligations) répond aux différents profils d’investisseurs. Ces sicav investiront selon les cas, également en sicavs et/ou en lignes directes. Outre le bénéficie d’une gestion professionnelle et diversifiée des actifs, l’investisseur en sicav bénéficiera d’une gestion des risques professionnelle et d’un reporting lui permettant d’aborder de manière synthétique les éléments ayant influencé son portefeuille.

La gestion sicavisée n’a évidemment pas que des vertus, elle a aussi un coût (frais d’entrée, de gestion…) qui doit être compensé par une performance à l’avenant, c’est-à-dire meilleure que celle de son indice de référence. Lorsque l’on sélectionne une sicav, il est donc important de s’assurer de la constance de ses (bonnes) performances. Une mauvaise performance peut être le fruit d’une mauvaise gestion mais elle peut également être le fruit d’une structure de coûts trop importante. Il est donc important de s’assurer de la transparence de la sicav choisie afin de pouvoir vérifier que les choix d’investissements qui y sont opérés, le sont dans l’intérêt de l’actionnaire et non de la société de gestion. Il existe heureusement un certain nombre d’indicateurs objectifs qui permettent de sélectionner une sicav, à l’instar de son nombre d’étoiles Morningstar ou du rating octroyé par les agences de notation.

Une sicav rigoureusement sélectionnée sur base de ces critères objectifs se révélera ainsi une excellente alternative a une gestion personnelle en lignes directes. Les passionnés ayant choisi cette voie pourront toujours se consoler en lisant leurs rapports mensuels et en réalisant un peu de stock picking à leurs heures perdues.

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