Actions européennes : la route qui nous attend

IMG_0369Par ING IM

L’existence d’une relation positive consistante entre la température moyenne sur les plages européennes et la performance des marchés n’est pas prouvée, mais depuis le début de l’été, les investisseurs mondiaux semblent considérer le marché européen des actions sous un angle différent. Bien qu’il ne faille pas s’emballer – une hirondelle ne fait pas le printemps –, nous pensons que les investisseurs ont eu raison de s’intéresser davantage aux actions européennes.

Tout d’abord, l’Europe est sortie de récession au deuxième trimestre. L’amélioration touche de nombreux pays, l’Allemagne et la France en tête. Le Royaume-Uni continue pour sa part à surprendre à la hausse, comme en témoignent la hausse des prix immobiliers, l’augmentation des ventes de détail et le rebond de la production industrielle. Cette reprise est imputable à la reprise aux États-Unis et au Japon, à la modération de l’austérité budgétaire, à la politique monétaire souple et à la diminution du risque systémique perçu.

Deuxièmement, la croissance bénéficiaire a dépassé son creux et nous tablons sur une accélération au second semestre de l’année et en 2014. Compte tenu de la sensibilité élevée des bénéfices européens à une amélioration même marginale des revenus, nous nous attendons à une expansion des marges et à une croissance bénéficiaire à deux chiffres l’année prochaine, à condition que le contexte mondial reste favorable.

En outre, cette croissance bénéficiaire n’est pas chère. Le rapport cours/bénéfice des sociétés européennes se situe 15% sous la moyenne mondiale. Par rapport au marché américain, la décote atteint même 35%, un niveau proche des sommets historiques. L’Europe – ou du moins la zone euro – est certes confrontée à des défis (économiques et politiques) uniques dans le cadre de la construction d’une union monétaire plus stable, ce qui justifie probablement une décote, mais cette dernière ne devrait selon nous pas atteindre 35%.

Le marché européen des actions n’est pas seulement attrayant par rapport aux autres marchés d’actions, mais également en comparaison du marché obligataire. Le rendement du dividende des actions européennes s’élève à 3,6%, soit près du double du taux des obligations d’État allemandes. Il existe toutefois une différence importante. La combinaison d’un démantèlement de l’assouplissement quantitatif aux États-Unis et d’une amélioration des données macroéconomiques devrait certainement propulser les taux obligataires à la hausse, ce qui entraînerait des pertes sur les avoirs obligataires, tandis que les dividendes bénéficient d’un potentiel de hausse en raison de l’augmentation de la rentabilité des entreprises et du niveau élevé des bénéfices retenus. Ceci devrait aussi inciter les sociétés à accroître l’endettement de leur bilan. Remplacer des fonds propres chers par des emprunts bon marché réduit le coût du capital, diminue le taux d’actualisation minimal pour les nouveaux investissements et accroît le rendement des fonds propres. Ceci n’est pas pour mécontenter les investisseurs en actions.

Ces derniers semblent avoir adopté le thème. Des signes indiquent que la ‘rotation’ des obligations vers les actions pourrait bientôt débuter. Ceci ne se produira pas du jour au lendemain, mais pour la première fois depuis 2007, les flux de capitaux investis en actions ont dépassé les flux investis en obligations et plus récemment, cette tendance s’est accélérée.  La poursuite de cette rotation sera tributaire de l’évolution des fondamentaux de l’économie et des entreprises. Ceci dépendra bien sûr en partie de facteurs externes tels que la croissance des marchés émergents et l’évolution des prix pétroliers. La volonté de Draghi et de Carney de conserver des conditions financières souples et d’utiliser tous les moyens à leur disposition pour atteindre cet objectif est un facteur de soutien. Comme toujours, il faut ‘manger le pudding pour voir s’il est bon’, mais nous apprécions déjà les ingrédients.

Ceci nous incite à nous demander ce qu’il faut acheter en Europe. Nous distinguons trois thèmes prometteurs : une poursuite de la réduction du risque systémique, une hausse des investissements des entreprises et une reprise de la consommation. La façon la plus aisée d’avoir une exposition à ces thèmes est de miser sur les valeurs financières, les industrielles et les biens de consommation courante.

Soyez toutefois préparés, même si la route s’élance vers des sommets, le chemin sera long et plein de virages et de nids-de poule. En tant qu’investisseur en actions européennes, vous avez intérêt à être équipés de bons amortisseurs.

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