Oser les femmes pour sortir de la récession !

Par la Banque Degroof

Et si les femmes étaient une des solutions pour sortir de la crise? N’y voyez pas là un propos excessivement féministe : selon différentes études menées par l’Union Européenne et l’OCDE, il apparaît que si davantage de femmes exerçaient une activité rémunérée, la croissance mondiale connaîtrait une très nette amélioration. « La discrimination produit de l’inefficience » relève le Commissaire européen Vladimir Spidla.

En 2009, dans l’Union, 72% des hommes en âge de travailler, contre 58% des femmes, occupaient un emploi. Alors que seulement 7% des hommes travaillaient à temps partiel, les femmes étaient 31% à se cantonner dans ce type de postes. Vladimir Spidla a relevé un ensemble d’études qui démontrent qu’une participation plus active des femmes dans la vie professionnelle encourage une meilleure efficacité et permet d’éviter des investissements risqués. Une étude menée en Finlande sur 15 000 petites et moyennes entreprises confirme que les sociétés dirigées par des femmes sont 10% plus efficientes que celles dirigées par des hommes. En France, le Professeur Michael Ferrary de la Ceram Business School explique que ses recherches ont déterminé que les femmes développent une plus grande aversion au risque et une plus grande capacité à anticiper à long terme que leurs homologues masculins.

Malgré des capacités féminines démontrées, seulement 30% des dirigeants européens appartiennent à la gent féminine et, en moyenne, les femmes gagnent 14,7% de moins que leurs collègues masculins. Il est évident que le travail à temps partiel pèse sur le niveau de rémunération des femmes. Les raisons familiales sont souvent invoquées et limitent de ce fait les salaires et l’avancement de la carrière. Selon le commissaire Spidla, il s’agit là d’une « intolérable discrimination ». Selon l’OCDE, on pourrait atteindre une progression de 12% du PIB au niveau mondial sur 20 ans en occupant davantage de femmes dans la vie active. Dans ce domaine, certains pays sont particulièrement retardataires comme l’Italie, le Japon ou la Grèce.

En Allemagne, une femme manager, qui avoue « aimer travailler avec les hommes », relève dans un livre publié sous le pseudonyme Anonyma et intitulé « Ganz oben » (Tout en haut), l’ensemble des discriminations dont elle fait l’objet en tant que femme dans un monde machiste (lire à ce sujet l’article de la Libre du 10 avril dernier,  www.lalibre.be)

Quelles solutions pourrait-on apporter afin d’utiliser l’ensemble des talents disponibles d’une nation ? L’OCDE entrevoit plusieurs pistes dont celle d’une amélioration des gardes d’enfants : « des modes de garde d’enfant de qualité et d’un coût abordable sont un facteur clé pour faire progresser l’égalité entre hommes et femmes en matière d’emploi. Mais il faut aussi que les choses changent à la maison car ce sont les femmes, dans de nombreux pays, qui assument l’essentiel des tâches ménagères et des soins aux proches. Les politiques publiques peuvent favoriser ces évolutions, par exemple par des dispositifs en matière de congé parental qui incluent expressément les pères ». Il est vrai que l’instauration d’un congé parental, en lieu et place de l’actuel congé de « maternité », permettrait de faire sauter certains freins à l’embauche et de lever des entraves au niveau de l’avancement de la carrière.

Il faut aussi encourager les filles, généralement meilleures élèves que les garçons, à se tourner vers des métiers scientifiques en luttant contre les stéréotypes : « Par exemple, il faudrait adapter les stratégies et le matériel pédagogique pour davantage inciter les garçons à lire et les filles à choisir les mathématiques et les sciences ; il faudrait encourager un plus grand nombre de jeunes filles à suivre des études dans les domaines scientifiques, de l’ingénierie et des mathématiques, au niveau des études supérieures, et à rechercher un emploi dans ces domaines ».

Et puis, il faudrait surtout redonner confiance aux femmes et les encourager à relever le défi de l’entrepreneuriat au féminin. Les femmes doivent, quant à elles, réaliser et admettre qu’elles ont une réelle valeur ajoutée dans la vie économique de leur pays et qu’elles ne doivent être ni féministes excessives ni « femen » pour revendiquer certains droits.

Source de l’illustration: Wikipedia

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