PME : quelle est la recette du succès?

einstein 002MoneyStore lance une nouvelle rubrique : « Entrepreneur à la une ». Dans cette rubrique, nous présenterons régulièrement des jeunes et moins jeunes PME qui font la force de notre tissu entrepreneurial. Dans cette période de pessimisme ambiant, il s’agit de montrer que les jeunes pousses existent mais ne se voient pas toujours, cachées par la forêt. Il y a des initiatives porteuses d’avenir dans notre pays et nous allons tenter de les mettre en lumière.

Pour introduire cette rubrique, nous avons interrogé Jacques Galloy qui a été durant de nombreuses années CFO de la société liégeoise EVS. EVS Broadcast Equipment est une société spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation d’équipements numériques destinés aux professionnels de l’industrie audiovisuelle Nous lui avons demandé quelle était la recette du succès de la société EVS et quels conseils il peut donner aux entrepreneurs qui se lancent.

Quelle est la recette du succès d’EVS, entreprise liégeoise connue mondialement ?

Je pense que ce succès est dû à la conjonction de plusieurs éléments. D’abord, il s’agit d’une initiative purement privée qui n’a subi, de ce fait, aucune influence externe comme, par exemple, celle d’un fonds de private quity qui exigerait un rendement de son investissement.  Les fondateurs ont pu se focaliser sur leur produit. Un autre facteur a été le côté international, voire mondial, d’EVS. Très vite les dirigeants ont fait confiance à une équipe de jeunes pour développer l’aspect international de la société. Ils leur ont laissé une grande autonomie et ces jeunes sont devenus, aujourd’hui, des dirigeants de la société. Une autre force de cette entreprise a été le trio composé des personnes qui avaient des compétences, un tempérament et une bonne complémentarité. Ils ont pu combiner l’audace, la prudence et la créativité. Et enfin, le produit développé par la société est le moteur central des préoccupations et le principal sujet de discussion en comité de direction et au conseil d’administration.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent se lancer et aux autorités?

Il faut rendre l’entrepreneuriat plus visible. Il y a beaucoup de microsociétés qui se développent bien et qui exportent. Cependant, notre pays a besoin d’élargir ses formations. Il faut encourager les jeunes à faire des métiers qui produisent de la valeur. Trop de jeunes se dirigent, aujourd’hui, vers des études de sciences humaines et pas assez vers des métiers plus scientifiques ou techniques. Il faut aussi, quand on se lance, essayer de se concentrer sur le produit. Les jeunes entrepreneurs doivent donc être éduqués mais aussi faire preuve de patience.

Quant aux autorités, elles doivent s’attaquer sans tarder à développer un climat propice à l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, le problème réside aussi dans l’image de marque qui est véhiculée concernant les entrepreneurs. Certains pensent que ça fait « mauvais genre » de lancer sa société. Il faut casser ces clichés qui résultent de la crise que nous avons traversée. On remarque aussi une carence de projets en Wallonie. Il faut, en matière de financement, recréer un tissu local et pourquoi pas des market places locales en equity ou en dette.

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