Osons une nouvelle banque !

Une initiative innovante dans le secteur financier  prend forme: New B, la création d’une banque coopérative d’intérêt général au service de ses clients. Le projet a vu le jour au lendemain de la crise de 2008. « La genèse de ce projet est partie de deux constats : pour améliorer le système financier, il fallait mettre en place un bon code de la route avec des réglementations plus strictes mais, à côté de ce code de la route, il fallait aussi qu’il y ait de bons conducteurs », souligne Bernard Bayot, directeur du Réseau FA et président de la coopérative New B qui est chargée d’étudier la faisabilité de ce projet ambitieux.

Le secteur bancaire belge a fortement évolué ces dernières années et les banques d’intérêt général, comme la CGER et le Crédit Communal, par exemple, ont petit à petit été gommées du paysage financier belge. Ces missions d’intérêt général ont disparu et les bijoux de famille ont été vendus pour des raisons budgétaires. Dans les autres pays européens, ce type d’institutions est cependant plus présent qu’en Belgique et est aussi plus stable. Ce modèle de banque a un impact plus favorable sur le développement du tissu des PME. « Pourquoi ne pas recréer ce modèle de banque coopérative d’intérêt général ? », tel a été le défi que se sont lancé une soixantaine d’organisations à travers le pays soutenues par les trois régions.

Ces organisations ont accepté de capitaliser la coopérative New B qui étudie la faisabilité du projet. Parallèlement, une équipe d’experts et de financiers de haut niveau a accepté de se pencher sur le business model d’une telle banque. « Notre but est ambitieux : nous voulons être un acteur de référence dans le monde bancaire belge. Notre volonté est d’atteindre à la fois une excellence sociétale et une excellence bancaire », note Bernard Bayot.

Il restait ensuite à tester l’intérêt du grand public pour ce projet innovant. C’est pourquoi, ce dimanche a été lancée une campagne de 100 jours en vue de sensibiliser et d’analyser l’adhésion des citoyens à ce projet. Les citoyens peuvent marquer leur adhésion en versant une somme symbolique de 20 euros qui constitue un vote actif et participatif à cette initiative. « Il ne s’agit pas encore de la constitution du  capital de la banque mais d’une manière de souscrire activement au projet. Notre but est d’obtenir le soutien d’environ 10.000 personnes. En juillet, nous nous compterons et, si le projet remporte suffisamment de succès, nous passerons à l’étape suivante », ajoute Bernard Bayot. Il s’agira alors de réunir le capital et de demander l’autorisation au régulateur, la Banque Nationale de Belgique. Pour obtenir cet accord, un délai de 18 à 24 mois est nécessaire et cette nouvelle banque devrait donc voir le jour en 2015.

Pour souscrire à ce projet, il suffit de se rendre sur le site www.jeprendspart.be sur lequel se trouvent les instructions et le descriptif du projet. Des questions restent cependant encore en suspens : que fera cette banque avec les sommes en attente de crédits ? Les placera-t-elle en emprunts d’Etat ? Comment va-t-elle jongler avec les impératifs de Bâle III en ce qui concerne les ratios de liquidité? Ne va-t-elle pas finalement sombrer dans le même mode de fonctionnement des autres banques par la force des réglementations ? Les syndicats qui sont aussi parties prenantes du projet accepteront-ils de transférer leurs avoirs dans cette banque citoyenne ? Les actionnaires coopérateurs auront aussi un rôle important à jouer en matière d’activisme actionnarial et devront être vigilants en veillant à ce que le but initial et la bonne gouvernance soient bien respectés dans ce projet.

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