L’épargne des Belges est convoitée

DSCN0101 g2 sComme l’écureuil qui fait ses provisions à l’automne en enfouissant ses récoltes, le Belge est un épargnant prévoyant et quelque peu timoré. Il engrange son capital sur des livrets d’épargne à concurrence d’un montant total de 250 milliards d’euros. Or, cette fortune ne lui rapporte rien : à peine plus qu’un demi pourcent par an entièrement rongé par l’inflation.

Dans un marché européen de plus en plus ouvert, réglementé et accessible, l’épargne des Belges fait l’objet de beaucoup de convoitise. Logée au passif des banques, elle est une manne pour les actionnaires internationaux. En effet, nos grands voisins français et hollandais n’ont pas les mêmes habitudes et comportements en matière d’épargne. Les produits d’assurance remportent davantage de succès Outre-Quiévrain et les Hollandais disposent de plans de pension investis de façon plus active. L’épargne plus liquide logée dans les filiales belges des grandes banques étrangères remonte donc vers les bilans des maison-mères.

Or, cette épargne bénéficie non seulement d’un avantage fiscal mais également d’une garantie de la part de l’Etat belge. Comme le relevait récemment dans nos colonnes Luc Coene,  Gouverneur de la Banque Nationale, « il y a une forme d’incohérence et de non-sens à octroyer des avantages fiscaux sur des dépôts qui servent à financer des actionnaires à l’étranger ». Cette incohérence est d’autant plus flagrante que cette épargne non risquée est partiellement défiscalisée alors que l’épargne plus risquée, comme les investissements en actions, subit un précompte mobilier de 25%.

Dans un environnement concurrentiel et avec des taux d’intérêt au plancher, l’investisseur va modifier ses comportements et aller chercher du rendement ailleurs. En marge de ces livrets garantis mais au rendement fade, le Belge a aussi investi près de 110 milliards d’euros dans des OPC (Organismes de Placement Collectif ou sicav).

Là aussi, la convoitise se marque. Nous constatons que, dans le marché très compétitif des OPC, de nouveaux acteurs font leur apparition. Des banques et des maisons de gestion internationales lorgnent les montants investis ou rapatriés chez nous. Elle viennent occuper le terrain et investissent la place par l’intermédiaire de leurs bureaux basés au Luxembourg, à Paris, Amsterdam ou Londres. Ce sont autant de petits gestionnaires de niches que de grands acteurs internationaux qui enregistrent leurs fonds auprès de la FSMA pour pouvoir les commercialiser vers le grand public. Dans ce marché  qui s’élargit, la vigilance s’impose tant de la part du secteur que des investisseurs. Ces derniers doivent analyser correctement les produits offerts en étant attentifs à la fois à leur contenu, à la stratégie de gestion poursuivie et à la structure de frais. Il sera, en effet, de plus en plus difficile de faire son choix dans un environnement dont l’offre devient pléthorique.

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