Hit-parade des fonds : une année sous le soleil nippon

par défaut 2013-12-10 à 09.14.24par défaut 2013-12-10 à 09.17.39Depuis le début de l’année, ce sont, sans conteste les fonds investis en actions japonaises qui ont battu tous les records alors que les mines d’or ont continué leur chute inexorable dans le bas du classement.

Comment explique-t-on ces résultats ? Pour rappel, le ministre Shinzo Abe a lancé cette année une politique basée sur trois axes : des mesures de relance budgétaire par une augmentation des dépenses d’infrastructure et de consommation publique, des mesures de politique monétaire visant à atteindre un taux d’inflation de 2% et un doublement de la base monétaire par des rachats d’actifs illimités et, enfin, des mesures structurelles par la relance de partenariats économiques et la promotion de certaines activités. « Après un an, le premier ministre Abe a reçu un véritable plébiscite de la part du monde des affaires avec un Tankan en nette hausse. Le Tankan, indice de confiance des entrepreneurs, a augmenté à 17 contre 14, soit son niveau le plus élevé depuis 3 ans. Cet indice permet au Nikkei d’afficher une belle progression alors que dans le même temps le yen continue de s’affaiblir. Cette baisse du yen fait intégralement partie de la stratégie d’Abe », souligne Bernard Keppenne, Chief Economist chez CBC Banque. Mais cela suffit-il ?

Certains analystes restent encore en position d’attente en ce qui concerne les valeurs nippones. Tout n’est pas encore joué au pays du soleil levant. « Pour arriver à des résultats durables, le gouvernement du premier ministre Abe devra également prendre des dispositions moins populaires comme la déréglementation de nombreux secteurs de l’économie domestique, qui risquera d’empiéter sur des habitudes ancrées depuis des générations. Il reste à voir dans quelle mesure les autorités japonaises réussiront à trouver un équilibre entre la modernisation d’une part et le respect des traditions d’autre part », reconnaît Guy Wagner, Chief Economist de la Banque de Luxembourg.

Les salaires réels restent encore orientés à la baisse et, aujourd’hui, le principal bénéficiaire de la situation est le secteur de la construction qui bénéficie des commandes publiques. On peut également relever que, malgré la faiblesse du yen, la balance commerciale japonaise ne montre pas encore de signes d’amélioration. La hausse de la TVA prévue en 2014 pourrait gripper la reprise de la consommation interne. Cependant, les entreprises disposent de réserves de liquidités très élevées qu’elles pourraient consacrer à de nouveaux investissement, ce qui permettrait d’augmenter le potentiel de croissance économique. Cette hausse de la bourse nippone est-elle durable ? « La hausse du marché boursier ne peut se montrer durable que si les autorités japonaises sont capables de procéder à des réformes structurelles favorisant une hausse des salaires et une augmentation des revenus disponibles des ménages », prévient Guy Wagner.

Et du côté des mines d’or ? Quels sont les facteurs qui doivent attirer l’attention des investisseurs ? Penchons-nous sur l’évolution des valeurs aurifères qui se sont installées dans le bas du classement depuis des mois. « Le ratio mines d’or/cours de l’or se trouve aujourd’hui proche de son niveau le plus bas en 30 ans. Il est difficile de valoriser les entreprises aurifères puisque leurs bénéfices futurs dépendent en grande partie du cours de l’or et sont dès lors nettement moins prévisibles que ceux d’autres entreprises. Il n’empêche que, par rapport au cours actuel du métal jaune, la valorisation des mines d’or est très attrayante », note Guy Wagner. Les coûts d’exploitation diminuent et ces entreprises ont coupé dans leurs frais d’exploration ce qui devrait engendrer une contraction de l’offre à terme et, de ce fait, une augmentation du prix de l’once d’or. Dans ce cadre, ces entreprises pourraient offrir un effet de levier important dans l’hypothèse d’une reprise à la hausse du cours du métal jaune.

La situation dichotomique du Japon et des mines d’or nous rappelle qu’il convient de toujours analyser la situation des marchés et des valeurs particulières avec attention, de ne pas se focaliser sur le présent mais aussi sur les anticipations attendues et de ne pas se laisser influencer par des effets d’illusion parce que certaines valeurs se seraient très bien ou très mal comportées durant une année.

Source des données chiffrées: Morningstar

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