Banques belges : une suite est à venir!

luc-coene2Luc Coene, Gouverneur de la Banque Nationale avoue que son métier ne manque pas d’intérêt depuis la crise de 2008. Bientôt âgé de 67 ans, il est prêt à reprendre du service alors que, normalement, son mandat devrait prendre fin l’année prochaine. Il est aussi réaliste sur la situation des banques en Belgique. Les dangers ne sont pas encore tous écartés.

Lors d’une conférence au Belgian Finance Club, Luc Coene s’est lancé dans une description sans concession ni dramatisation du système bancaire belge. Pour rappel, les banques sont désormais passées sous le contrôle de la Banque Nationale suite aux accords Twin Peaks.

Alors que les actifs pondérés par types de risques ont diminué de 40% entre 2008 et 2009 grâce à une baisse des activités vers l’étranger et des échanges interbancaires, les banques se sont repositionnées sur des activités plus domestiques. Ce sont les prêts aux ménages qui ont enregistré une hausse significative alors que les prêts aux entreprises se sont stabilisés. « Les crédits à la clientèle retail sont passés, en moyenne pour le secteur, de 28 à 48% du total du bilan des banques. Il s’agit surtout d’une expansion des crédits hypothécaires. On a assisté concomitamment à une hausse des prix de l’immobilier. On peut dès lors se demander si cette hausse des crédits des ménages n’est pas inquiétante en période de crise et se poser la question de savoir si nous ne sommes pas face à la création d’une bulle immobilière », s’inquiète Luc Coene.

Un autre danger guette les banques : la baisse des marges d’intermédiation en raison d’une forte concurrence. Dans un marché saturé et très concentré, la rentabilité sur fonds propres est passée à 3% alors qu’elle était de 16% avant la crise. Les banques doivent aussi faire face à des niveaux de coûts de fonctionnement très élevés, ce qui place la Belgique parmi les pays ayant les plus mauvais rapports coûts/revenus pour le secteur bancaire.

Du côté du passif, les montants collectés en livrets d’épargne sont une manne… pour les banques actionnaires étrangères. « Il y a une forme d’incohérence et de non-sens à octroyer des avantages fiscaux sur des dépôts qui servent à financer des actionnaires à l’étranger», souligne Luc Coene. Dans ce contexte, il faut être attentifs et conscients du fait que l’épargne des Belges est l’objet de convoitise à l’étranger et plus particulièrement de la part de nos voisins français et hollandais qui ne bénéficient pas d’une telle épargne logée au passif de leurs banques. Pour l’avenir, nous irons sans aucun doute vers une nouvelle concentration du secteur.

photo: Belgian Watch
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