La Revue : Tout va très bien, rien ne va plus !

bourse Nyse 2Que se passe-t-il au niveau macroéconomique ? Les avis des économistes divergent. D’un côté, les fondamentaux économiques inquiètent. Les bilans des banques centrales explosent, le niveau des dettes est important et les pays émergents ont connu un déclin de leur croissance. Mais, d’un autre côté, l’économie globale va mieux, l’inflation ralentit au niveau mondial, l’Europe se redresse et les marchés boursiers ont engrangé une hausse au cours des 18 derniers mois. De quoi se plaint-on ?

En réalité, nous assistons à un découplage entre l’économie réelle et les marchés. C’est souvent faute d’alternatives que les investisseurs se sont tournés vers la bourse. « Le découplage entre fondamentaux économiques et marchés boursiers s’est accéléré au cours des derniers mois. Les cours des actions ont continué à monter malgré la faiblesse de la croissance économique et l’absence d’amélioration des résultats. Qui plus est, ce sont les valeurs de moindre qualité qui ont été à l’origine de la hausse des indices sous prétexte qu’elles étaient bon marché. Ceci explique également la surperformance des marchés de la zone euro, et notamment des marchés de la périphérie », note Guy Wagner, Economiste à la Banque de Luxembourg. Certains se réjouissent du redressement des pays de la périphérie mais à y regarder de plus près, on constate qu’en réalité, l’amélioration de leur balance courante est due à la baisse des importations plutôt qu’à la hausse des exportations.

Aux Etats-Unis, les perspectives liées à l’exploitation du gaz de schiste encouragent les prévisions positives en termes de croissance mais le revirement de la FED a laissé des traces. « La perte de crédibilité de la Réserve fédérale à la suite de son revirement en matière de réduction du programme de rachat de titres a pesé sur le dollar américain. Il sera intéressant de voir si dans les crises futures, le billet vert continuera à profiter d’un caractère de valeur refuge », note Guy Wagner. En Europe, la France inquiète les observateurs. Cependant, au  niveau microéconomique certaines entreprises offrent un bon potentiel. Il ne faut pas écarter le risque de tensions sociales que ce soit en Europe ou ailleurs. « En raison des interventions massives des autorités publiques, les inégalités sociales grandissent, ce qui est la conséquence logique d’un système se dirigeant vers une économie planifiée », affirme Guy Wagner.

Alors tout va mal ou tout va bien ? L’économie est encore convalescente et tout peut basculer dans un sens ou dans un autre. Mais, dans cet environnement, certaines entreprises arrivent à tirer leur épingle du jeu. En matière d’investissement, il convient donc de privilégier le stock-picking en se focalisant surtout sur les qualités intrinsèques et sur la valorisation des entreprises dans lesquelles on veut investir.

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