La Revue : Que de mouvements !

En parcourant la littérature financière actuelle, on est frappé par la terminologie, le champ lexical utilisé qui restitue les thèmes de la baisse ou de la hausse : effondrement du cours de l’or, chiffres du budget en berne, révision à la baisse des perspectives économiques, hausse continue du chômage dans l’Union Européenne, pacte de croissance, augmentation de la masse monétaire… Tous ces termes sont révélateurs du climat de turbulence dans lequel l’économie mondiale se trouve encore. Les marchés évoluent aussi à ce rythme et ce climat n’est sans doute pas propice à un retour à la confiance.

En ce qui concerne l’Europe, les analystes de Belfius soulignent que « il est clair que le résultat des élections italiennes a reporté l’attention sur la crise de la dette. S’y est ajoutée la bouée de sauvetage pour Chypre (10 milliards d’euros plus une taxe sur l’épargne de quelque 5,8 milliards d’euros), suscitant la discussion sur la garantie de dépôt de 100.000 euros. Sans oublier le financement occulte des partis en Espagne, l’économie et les chiffres du budget en berne en France et aux Pays-Bas, les difficultés relatives au budget pluriannuel pour l’U.E., la révision à la baisse des perspectives économiques par la Commission européenne et la BCE, la hausse continue du chômage dans l’U.E., les critiques croissantes à l’encontre de la politique d’assainissement doctrinaire, tandis que le pacte de croissance annoncé en juin 2012 est resté lettre morte.  Le risque est réel que 2013 soit de nouveau une année de récession pour l’U.E., une situation à éviter à tout prix afin de soutenir la confiance ».

Car c’est bien de cela dont il s’agit : redonner confiance dans un environnement où les banques centrales des grands acteurs mondiaux se livrent à une politique monétaire expansionniste comme au Japon, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Dans ce contexte, l’euro est une devise forte dans une économie malade. Mais il faut aussi reconnaître que, pour le moment, le fait qu’une issue ait été trouvée pour Chypre sans que cela n’affecte l’entièreté de la zone euro laisse penser que les choses sont sous contrôle. Cependant, ne nous leurrons pas : la situation reste fragile et la sortie de certains pays de la zone euro n’est pas à exclure totalement à terme. A souligner aussi la récente décision des Pays-Bas de se démarquer de l’Allemagne en décidant  de ne plus appliquer une politique d’austérité. Il s’agit là d’un tournant non négligeable au sein de l’Union Européenne.

Dans ce contexte qu’en est-il de la Belgique ? Les analystes de Petercam soulignent que « comme dans le reste de l’Europe, 2013 s’annonce à nouveau comme une année difficile en Belgique. A en croire les indicateurs disponibles, l’économie belge ne devrait en effet pas sortir de la récession avant le deuxième semestre. Et la faiblesse de la croissance n’est pas sans conséquences pour les finances publiques, plusieurs mesures d’économies attendant encore le gouvernement. Dans ce contexte, le gouvernement ferait mieux de ne pas perdre trop de temps avec les objectifs budgétaires à court terme et de penser réellement à une redéfinition structurelle de sa politique. Il doit dans ce cas créer de la marge pour financer les coûts supplémentaires liés au vieillissement de la population et, dans le même temps, donner des impulsions pour soutenir la croissance. »

On ne peut faire l’impasse dans cette revue sur l’effondrement du cours de l’or. Mais est-ce vraiment une surprise ? L’or a été mis sous pression et a connu, ces derniers jours, une baisse de près de 14%. Mais ce n’est pas neuf. Le métal jaune a monté de près de 600% en dix ans et était sous pression depuis un an et demi. « Durant les 80 dernières années il a été moins volatil que les actions mais clairement plus volatil que les obligations. L’or performe bien dans certaines conditions mais souffre quand ces conditions disparaissent », relève-t-on chez Petercam. Il ne doit donc pas être considéré comme une valeur-refuge. Dans la situation que nous connaissons, il n’y a pas de valeurs refuge et la diversification des portefeuilles est sans doute la meilleure protection dans un environnement aussi chaotique.

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