La Revue : Vous chantiez et bien dansez maintenant !

Les crispations allemandes concernant la situation dans la zone euro peuvent se comprendre : après avoir respecté les critères macroéconomiques, les Allemands, comme la fourmi de la fable, ne veulent pas aider outre mesure la cigale méditerranéenne.

«Néanmoins, le prix à payer par la population des pays de l’Europe du Sud pour le regain de compétitivité à travers les mesures d’austérité est énorme. Le taux de chômage explose et frappe surtout les jeunes dont plus de la moitié ne trouvent plus d’emploi. Les faillites d’entreprises se multiplient et touchent essentiellement les petites et moyennes entreprises dont les lignes de crédit sont coupées par les banques en difficultés », relève Guy Wagner Chief Economist à la Banque de Luxembourg.

Les populations du Sud de l’Europe craignent le bail-in (la mise à contribution des épargnants pour résoudre la crise bancaire) comme cela a été pratiqué à Chypre. Pendant ce temps, la BCE entend poursuivre sa politique d’assouplissement monétaire. Mais est-ce tenable à terme ? Certains en doutent. « Non seulement une expansion de la masse monétaire n’augmente pas le potentiel de croissance économique et amplifie les cycles conjoncturels en empêchant les déséquilibres de se corriger lors d’une récession, mais elle conduit également à une redistribution de la richesse au sein de la société. L’augmentation de la masse monétaire privilégie ceux qui reçoivent la monnaie supplémentaire en premier car ils peuvent acheter des biens et services à des prix inchangés alors que ceux qui reçoivent la monnaie supplémentaire plus tard doivent payer plus cher. Les détenteurs d’actifs physiques et les débiteurs sont privilégiés au détriment des épargnants et autres créditeurs. Cela signifie que le principe de la propriété privée n’est pas respecté alors qu’il constitue une des conditions au bon fonctionnement du capitalisme au vrai sens du terme et qu’il est inscrit dans toutes les constitutions des états démocratiques. En résumé, les politiques monétaires actuellement menées par les banques centrales font que les placements à revenu fixe deviennent de plus en plus risqués », relève encore Guy Wagner.

Les rendements des placements obligataires sont érodés par l’inflation et certains gestionnaires prônent le retour vers les actions. Mais là aussi les avis sont partagés. Certains rappellent l’adage « sell in May en go away ». « Le mois de mai est toujours une période de ralentissement par rapport au reste de l’année et les chiffres s’ajustent en conséquence. La stratégie “sell in May and go away”  a bien marché ces dernières années. Les chiffres récents suggèrent que 2013 suivra cette tendance », note Keith Wade, Chief Economist and Strategist chez Schröders.

Les chiffres de l’économie américaine déçoivent quelque peu. La croissance chinoise est plus faible qu’espérée. Si la tendance se confirme en mai, les opérations d’assouplissement monétaire, qui devraient se poursuivre, pourraient cependant permettre d’entamer un rally ultérieur des marchés.  « Dans ce contexte, les actions sont à privilégier aux obligations. (…) Tout ceci plaide en faveur d’une gestion active avec les actions à dividende comme un des thèmes principaux », conseille Guy Wagner. Il convient, dans cette optique, de privilégier les actions de très bonne qualité dans le cadre d’une diversification des portefeuilles.

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