La Revue : Assouplissement monétaire, stop ou encore ?

Ces derniers temps, juste avant l’été, nous voyons émerger des craintes concernant l’arrêt de la politique monétaire accommodante menée par la FED. Rappelons que la FED avait lié ses injections monétaires au taux de chômage aux Etats-Unis. Or, l’emploi repart à la hausse au pays de l’Oncle Sam.

Si la FED change sa politique, quels en seront le timing, la forme et l’impact sur les marchés et la croissance? « L’économie ne peut pas croître pour le moment sans cette politique monétaire accommodante. La croissance a encore besoin de ce soutien » estime Peter Vanden Houte, Chief economist chez ING Belgium.

 Les analystes de Schroders ne voient pas cette sortie avant avril 2014, ce qui a été confirmé par Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale américaine. Selon Fidelity, l’impact sur le marché obligataire devrait être relativement bien géré. « Bien que ce soit plausible, nous ne pensons pas que la sortie de la politique de quantitative easings provoquera une hausse importante des rendements obligataires. Si les rendements obligataires devaient monter trop rapidement au commencement d’une sortie de ce processus monétaire, la FED gérera les attentes des marchés en suspendant ou en renversant temporairement ce processus », note David Buckle  de chez Fidelity. Mais quelles formes pourrait prendre cet arrêt de la politique monétaire accommodante? On peut imaginer que la FED stoppera ses injections monétaires ou pourrait augmenter les taux d’intérêt ou encore procéder à des ventes d’actifs pour réduire son bilan.

 Les marchés financiers enregistrent une plus forte volatilité ces dernières semaines en raison de l’affaiblissement de la croissance aux Etats-Unis et des craintes sur la politique monétaire. L’indice viX qui mesure la volatilité des marchés boursiers a augmenté. « Il est inquiétant de noter que le ralentissement de la croissance n’est pas un phénomène uniquement américain mais se retrouve dans la plupart des économies mondiales à l’exception du Japon. L’Europe est en récession avec un taux de chômage de 12% et des régions qui sont de plus en plus troublées. Les marchés émergents donnent aussi des signes de faiblesse relative », note Russ Koesterich, Managing Director chez Blackrock. L’inflation donne également des signes de ralentissement. Les analystes ne pensent cependant pas que les Etats-Unis vont entrer en récession mais entrevoient plutôt un ralentissement de la croissance durant les troisième et quatrième trimestres de 2013, ce qui laisse suggérer que la volatilité sur les marchés pourrait augmenter. Dans les pays BRICS la situation n’est pas très positive exception faite de l’Inde. « La Chine montre des signes de ralentissement, le Brésil fait apparaître une faible amélioration et la Russie continue à être affligée par sa proximité avec l’Europe et par la faiblesse des prix du pétrole. Une note plus positive est la réduction de l’inflation en Inde et sa politique monétaire qui pourrait supporter la croissance de ce pays en 2013 et 2014 », constate Keith Wade, Chief Economist and Strategist chez Schroders.

Faut-il, dans ce contexte, privilégier l’une ou l’autre classe d’actifs ? « Nous constatons une forte corrélation entre les classes d’actifs sans tendance forte, il est donc difficile de prendre des positions marquées dans l’une ou l’autre classe. Nous sommes dans un changement de régime et il faudra voir si la croissance prendra le relais », estime Thierry Masset, Chief Investment Officer chez ING Belgium. Certains gestionnaires anglo-saxons proposent néanmoins de surpondérer la classe actions par rapport aux obligations dans les portefeuilles.

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