La Revue : Un été en apesanteur

Durant cet été, l’économie mondiale a poursuivi sa convalescence. Les derniers indicateurs semblent attester d’une certaine stabilité voire parfois d’une légère amélioration.

Aux Etats-Unis, les hausses de taux d’intérêts enregistrées en juin démontraient la perception d’inquiétudes quant à la poursuite de la politique monétaire accommodante. La crainte de perdre cet adjuvant monétaire était forte. Aujourd’hui, ces craintes sont apaisées, du moins pour l’année en cours. « Par ailleurs, le débat concernant le remplaçant de Ben Bernanke à la tête de la Fed s’intensifie. Obama devrait annoncer la nomination à l’automne. Les favoris, Janet Yellen et Larry Summers, ont chacun une forte crédibilité et beaucoup d’expérience, bien que celle de Summers porte davantage sur la politique budgétaire que monétaire. Ce choix est important : Yellen a eu un rôle essentiel dans la mise en place des outils actuels de la Fed et a passé une bonne partie de ces dernières années à s’exprimer sur la politique monétaire. Summers offre en revanche moins de certitudes », notent Maxime Alimi & Mathieu L’Hoir de chez AXA IM.

Dans les autres régions du monde, les perspectives s’améliorent et, des deux côtés de l’Atlantique, l’amélioration cyclique profitent aux entreprises dont les bénéfices sont en hausse, ce qui est profitable aux marchés d’actions. « Les résultats des entreprises ont été globalement bons et en moyenne légèrement meilleurs qu’attendus. En ce qui concerne l’inflation, nous ne l’anticipons pas en 2013-2014. En effet, aucune hausse du pouvoir d’achats des ménages, des matières premières ou des coûts salariaux n’est pour l’instant envisagée. Pour l’automne prochain, on peut penser qu’il y aura une absence de dispute européenne en raison de l’approche des élections allemandes. Cependant, on peut s’attendre à ce qu’après les élections, une nouvelle pression soit remise sur les pays du sud de l’Europe », estime Etienne de Callataÿ, Chief Economist à la Banque Degroof.

La Chine a aussi émis des signaux rassurants ces dernière semaines et la perspective d’un « hard landing » de cette économie s’éloigne.

Dans ce contexte, comment peut-on envisager l’allocation d’actifs ? « Nous conservons par conséquent notre cible de 2,5% pour les taux des obligations 10 ans américains à fin 2013, avec un intervalle de fluctuation compris entre 2,4% et 2,8%, ainsi que notre cible de 3% pour fin 2014 avec un risque clair à la hausse. Nous restons ainsi neutres à court terme sur les obligations gouvernementales et sous-pondérés à plus long terme », notent les analystes d’AXA IM.

La plupart des analystes sont positifs concernant les marchés d’actions. « Il ne faut pas avoir peur de l’Europe dont les actions ont pris du retard par rapport aux marchés américains. Les obligations ne sont pas assez rentables et nous n’attendons pas de hausse de taux d’intérêts à court terme. Dans ce contexte, les actions semblent une bonne alternative dans le cadre d’une diversification et dans un environnement de taux bas », ajoute Etienne de Callataÿ. Après cet été calme, l’investisseur entamera l’automne plus serein mais avec une vigilance toujours de mise dans le cadre d’une saine gestion de portefeuille.

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