Les marchés et la Réserve fédérale : la transparence blesse

Par William De Vijlder, Chief Investment Officer, Stratégie et Partenaires, BNP Paribas Investment Partners

Ben Bernanke avait pesé chaque mot de son discours pour ne pas déstabiliser les marchés. Pourtant, en dépit du ton nuancé, la perspective d’une réduction des achats mensuels dans le cadre du programme d’assouplissement quantitatif et de leur arrêt vers la mi-2014 a provoqué de fortes corrections sur les marchés obligataires (hausse des taux longs et des spreads) et boursiers (chute des cours). La baisse généralisée de l’appétit pour le risque reflète une prise de conscience que nous entrons dans une nouvelle ère où les liquidités seront moins abondantes.

A en juger par la réaction des marchés, cette transition est binaire. En réalité, elle sera très graduelle. Tout d’abord parce que la Réserve fédérale ajustera le curseur en fonction des indicateurs économiques. Puis aussi parce qu’elle voudra éviter de tuer dans l’œuf une reprise qui reste malgré tout hésitante, à cause du resserrement budgétaire notamment. En conséquence, le premier relèvement des taux officiels n’interviendra que début 2015 (au plus tôt). Les investisseurs qui veulent du rendement resteront donc longtemps sur leur faim s’ils refusent de prendre des risques. C’est cet appétit qui poussera le pendule vers les actifs plus risqués, dès que le marché obligataire se sera stabilisé. La rentrée devrait être plus agréable que la fin du printemps.

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