À l’aube d’une nouvelle ère

William De Vijlder, Chief Investment Officer, Stratégie et Partenaires, BNP Paribas Investment Partners

Les deux dernières semaines ont été mouvementées. Au Japon, les actions ont accusé une correction sévère après une progression fulgurante, et les rendements obligataires ont grimpé en flèche. En Europe et aux États-Unis aussi, les rendements ont augmenté. Les marchés d’actions se sont repliés, tandis que les obligations et les devises des pays émergents ont beaucoup souffert. De plus, le yen et l’euro se sont raffermis face au dollar.

L’environnement d’investissement a-t-il fondamentalement changé ? Quatre glissements se produisent simultanément.

Premièrement, le marché doute de plus en plus de l’efficacité du régime Abenomics au Japon, d’où la baisse du Nikkei et la couverture des positions courtes en yen. Ces doutes sont prématurés, puisque les dernières mesures de QE au Japon viennent tout juste d’être instaurées, mais ils montrent que le processus sera certainement moins facile qu’espéré.

Deuxièmement, le marché est de plus en plus convaincu de l’efficacité de la politique monétaire américaine. Ceci s’est vu conforté par les propos de Ben Bernanke sur un possible ralentissement de ses achats d’obligations, à la suite desquels les rendements des bons du Trésor ont gagné du terrain. En effet, les intervenants estiment qu’une décélération des achats d’actifs de la Fed constituerait une mesure de resserrement monétaire, ce qui est d’ailleurs contestable.

Troisièmement, dans la zone euro, il est clair qu’il ne faut désormais plus attendre d’initiatives aussi radicales qu’en 2012, quand Mario Draghi affirmait « croyez-moi, cela suffira ». Il faudra du temps pour améliorer la transmission monétaire dans le sud de l’Europe. Cela se fera lentement, mais sûrement.

Quatrièmement, face à la montée de la volatilité et des incertitudes, les investisseurs ont réagi comme à leur habitude, en prenant leurs bénéfices et en réduisant leur exposition au risque.

Dans un second temps, ils comprendront que les taux d’intérêt réels sans risque resteront négatifs pendant une très longue période, ce qui implique que se tenir à l’écart des actifs risqués revient à entamer un régime sec.

Au cours des prochains mois, l’attrait du rendement et de la performance attendue se fera de nouveau sentir, malgré les risques inhérents.

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