Acheter des actions sans spéculer : comment faire ?

GetAttachment.aspxPar Charles Nollet, Head of Markets and Investment Solutions Crédit Agricole Private Banking

Commençons par regretter le traitement souvent réservé aux investisseurs en actions, « taxés » de « spéculateurs, et à ce titre parfois taxés tout court sur le seul motif d’une prise de risque pouvant donner lieu à enrichissement personnel ! Amusons-nous de ce que « speculare » signifie « observer », et non pas « jouer au casino », ce qui est rassurant car la prise de risque sans analyse est vouée à l’échec.

Réaffirmons enfin qu’il n’y a rien de déshonorant à investir dans notre tissu productif, une action (sans jeu de mot) qui devrait être encouragée et non méprisée, sous réserve que les banquiers conseils arrivent à informer l’investisseur des risques pris.

Car s’il est un domaine dans lequel la confusion règne, c’est bien sur le lien entre risque et rendement. La théorie financière laisse penser que le risque est « rémunéré », en ce sens qu’il se traduit par une performance supérieure à long terme. Nous laisserons pour un prochain billet d’humeur la question de la rémunération du risque global en actions, en analysant la « décennie  perdue » (2000-2009) qui a conduit nombre d’investisseurs à penser que la théorie était fausse ! Ce qui est faux !

Nous aborderons plutôt ici le choix des valeurs individuelles. En effet, tout investisseur découvre rapidement la nécessité d’apprivoiser les fluctuations quotidiennes des cours de bourse, certaines valeurs exhibant davantage de « volatilité » que d’autres. On pourrait penser que les actions les plus volatiles devraient à long terme procurer de meilleures performances que les autres en compensation de leur risque supérieur. Il n’en est rien : les actions moins volatiles délivrent en moyenne de meilleures performances que les actions plus volatiles. Le graphe ci-dessous découpe le marché des actions mondiales en dix tranches (déciles) classées selon la volatilité des actions (de la plus faible à la plus élevée). On constate que les actions de faible volatilité (les trois premiers déciles, soit 30 % de la cote) sont bien plus performantes que celles des trois derniers, avec un écart annuel de 3 %.

par défaut 2013-12-02 à 13.21.37L’investissement en actions souffre d’un double malentendu : il ne serait pas rentable à long terme tout en offrant à plus court terme de larges perspectives de gains faciles, pour les actions les plus volatiles. La réalité est tout autre :

1.              Les actions sont intéressantes à long terme, pour la plupart des épargnants

2.              Les actions les plus risquées ne sont pas celles qui performent le mieux.

Il est donc primordial de vérifier avec votre conseiller la configuration « risque » des actions proposées, ce qui est d’autant plus facile qu’elle est intimement liée à des caractéristiques fondamentales comme la qualité du bilan ou la progression stable du dividende. A contrario, tout achat d’une action volatile doit se faire à un niveau de valorisation qui justifie le risque pris. C’est pourquoi il faut à tout prix être très sélectif face aux actions peu chères (dites « value ») car nombre d’entre elles cachent un risque élevé qu’il faut être en mesure d’appréhender voire supporter.

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– voir le corner billet d’humeur

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