Qu’est-ce que l’architecture ouverte ?

Non, l’architecture ouverte n’est pas un terme qui se rapporte à la construction. En finance, il s’agit d’une offre de fonds de plusieurs distributeurs différents. On parle d’architecture ouverte lorsque l’offre de fonds et de sicav d’une institution financière n’est pas basée uniquement sur des fonds « maison » mais présente à la clientèle différents fonds émanant de plusieurs émetteurs.

Cette offre se retrouve soit chez certains banquiers traditionnels mais plus souvent sur les plateformes de trading en ligne. Certains distributeurs ont fait le choix d’offrir un grand nombre de fonds alors que d’autres limitent leur offre à quelques gestionnaires ciblés. L’ouverture est donc variable en fonction de certains critères tels que la présence ou l’absence de qualité du conseil, par exemple.

Certains promoteurs de fonds sont conscients qu’ils ne peuvent pas être les meilleurs dans toutes les gammes d’actifs. C’est pourquoi, ils ouvrent la gamme de fonds offerts à la clientèle à des fonds gérés par d’autres gestionnaires. Il s’agit d’une architecture ouverte ciblée. Par contre, d’autres institutions de la place offrent une très large gamme de fonds de plusieurs gestionnaires. On pourrait qualifier ces plateformes de « supermarchés de fonds ». Sur ces plateformes, l’investisseur se retrouve face à une multitude de fonds et doit se faire une opinion personnelle sur ses choix d’investissement. Face à cette offre importante, il ne doit pas s’arrêter aux performances passées des fonds présentés mais plutôt s’interroger sur l’adéquation entre les produits et son aversion au risque. Il doit en comprendre et en appréhender le contenu, la structure des frais et la liquidité.

Finalement, on pourrait regretter que face à l’offre de fonds en architecture ouverte, une offre de conseil indépendant ne se développe pas plus. L’ancienne fonction d’agent de change et le métier des petites banques régionales ont été pratiquement effacés du paysage financier belge. L’architecture ouverte présente donc l’avantage d’offrir une large gamme de fonds, le revers de la médaille étant que l’investisseur doit pouvoir s’y retrouver dans une offre si large et y dénicher le ou les produits les mieux adaptés à son profil et à ses attentes.

Les distributeurs de sicav se font rémunérer pour cette distribution à leur clientèle. Les intermédiaires financiers qui pratiquent l’architecture ouverte sont rémunérés par les émetteurs des fonds qui leur rétrocèdent, chaque année, un pourcentage des frais de gestion sur l’encours des fonds distribués. Pour le client final, cette rétrocession ne change pas fondamentalement les choses car c’est d’une répartition des frais qu’il s’agit et non d’une augmentation.

Cependant, si le montant des rétrocessions influence le choix des fonds proposés, alors l’offre peut être biaisée. Comment être certain, dans ce cas, que les fonds sélectionnés le sont bien sur leurs qualités intrinsèques et non sur le montant de leur rétrocession ? Cette technique de rétrocession des frais va cependant connaître des modifications importantes. Désormais, les institutions financières ne pourront plus se faire rémunérer par la rétrocession des frais de gestion pour vendre des fonds d’autres maisons de gestion. Se dirige-t-on vers un retour aux ventes quasi exclusives de fonds-maison ? Ce serait dommageable pour l’investisseur particulier. Ou va-t-on s’orienter vers une nouvelle politique en matière de frais pour compenser la perte de la rétrocession des frais de gestion ? Quelles seront alors les réactions des investisseurs face à ce changement ? On peut penser que les frais de gestion au sein des sicav diminueront et que les frais de conseil en placement seront plus élevés.

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