Qu’est-ce qu’un fonds avec protection en capital ?

Dans des marchés très volatils, les investisseurs qui privilégient les actions désirent parfois se couvrir contre une éventuelle baisse des valeurs en portefeuille tout en conservant un rendement supérieur à celui des obligations. Dans ce cas, les fonds avec protection en capital (appelés aussi fonds structurés) peuvent offrir un bon compromis aux investisseurs un peu frileux.

Ces fonds sont différents des sicav classiques. En effet, ce sont des fonds fermés, c’est à dire qu’ils ont une date d’émission et une date d’échéance bien précises. En général, ces fonds ont une durée de 8 à 10 ans mais il existe également des fonds de ce type avec des échéances plus courtes. Ces fonds offrent une protection en capital à une certaine échéance et un rendement qui est lié à l’évolution d’un sous-jacent (souvent un panier d’actions).

L’investisseur devra bien assimiler que la protection en capital n’est valable qu’à l’échéance et non pas pendant la durée de vie du produit en cas de sortie anticipée. Si l’investisseur veut sortir avant l’échéance et en période de baisse des marchés, il ne percevra pas la totalité de son investissement de départ. Il subira la perte à laquelle s’ajouteront les frais de sortie anticipée.

Comment ces produits sont-ils construits ? Comment une telle protection peut-elle être offerte ? Ces produits sont, en réalité, assez complexes. Il y a deux volets dans la construction de ces fonds. Le premier volet est la mise en place de la protection en capital. Pour pouvoir offrir cette couverture du capital à l’échéance, le montant de départ (hors frais d’entrée) est investi dans un placement sans risque à revenu fixe. Ces placements sans risque sont soit des comptes à terme, soit des obligations à zéro coupon. Grâce à cet investissement sans risque, l’investisseur a la certitude d’obtenir 100% de son capital à l’échéance. C’est la partie assurance du fonds.

Le deuxième volet est la rentabilité du fonds. Ces placements à terme qui servent de couverture rapportent des intérêts. Ces intérêts seront affectés à la plus-value du fonds en faisant l’objet d’un swap (d’un échange) et permettront ainsi d’acheter des options sur le sous-jacent du fonds (le panier d’actions auquel est lié le fonds).

Comme on peut le voir, un fonds à capital garanti n’investit pas directement dans le panier d’actions auquel il se réfère mais se présente plutôt sous forme d’une construction à base d’options. Tous les fonds qui présentent cette structure sont donc des fonds statiques sans gestion active et qui n’investissent pas directement dans le sous-jacent.

Et le rendement ? L’investisseur final ne perçoit pas toujours l’entièreté de la plus-value du panier d’actions sous-jacent. En général, ces fonds offrent un pourcentage de la hausse des titres sous-jacents mais ils n’offrent pas 100% de cette hausse car toute protection a un prix. L’investisseur ne percevra pas non plus les dividendes des actions sous-jacentes car ces produits n’investissent jamais directement dans ces actions mais bien dans des options sur ces sous-jacents.

Le niveau de protection de ces fonds et les possibilités de plus-values offertes dépendent de deux facteurs : le niveau des taux d’intérêts et le niveau de volatilité des marchés. Lorsque les taux d’intérêts sont bas, il est plus difficile d’offrir des rendements intéressants. Par contre, si la volatilité est basse (le risque sur les marchés diminue), ces taux bas peuvent être compensés et ces fonds peuvent offrir néanmoins des rendements intéressants pour les épargnants.

Etant donné leur construction avec une échéance, ils sont souvent soumis à des frais de sortie en cas de vente avant l’échéance. Les frais de sortie (généralement de 1%) sont réinvestis dans le fonds de façon à ce que ceux qui y restent ne soient pas lésés. L’investisseur qui choisit ce type de fonds doit être vigilant sur plusieurs points: la composition du sous-jacent, la construction du fonds, le niveau de protection, le niveau de rendement et la structure des frais doivent faire l’objet d’une attention particulière.

La FSMA est très vigilante concernant ces produits avec protection en capital car ils ont une construction et une structure de frais complexes. Elle a mis en place un moratoire à ce sujet avec les intermédiaires financiers pour améliorer la visibilité de ces produits.

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