Comment investir dans une sicav ? Poser les bonnes questions

Avant d’investir dans une sicav, il convient de se renseigner sur la composition exacte du produit dans lequel on s’apprête à consacrer une partie de son épargne. Il s’agit de savoir où l’on met les pieds. Voici quelques questions à poser à son banquier :

– Se faire remettre le nouveau prospectus abrégé (le Key Investor  Information Document KIID) qui reprend en deux pages et selon un format standardisé les spécificités du fonds. Ce document reprend toutes les informations relatives au fonds et doit être analysé.  Etant donné qu’il est standardisé, il permet de comparer facilement les fonds entre eux. Si des questions subsistent ou, si à la lecture du document, certains points sont à préciser, c’est sur cette base que les questions supplémentaires peuvent être posées. Il faut aussi demander s’il s’agit d’une sicav de capitalisation ou de distribution et de quel droit elle relève (belge ou luxembourgeois).

– S’il s’agit d’une sicav existante, on peut également demander le dernier rapport semestriel du fonds. Ce rapport permettra de voir dans quoi le fonds a investi, quelles ont été ses performances passées et quelles ont été les grandes lignes qui ont guidé la stratégie du fonds. Se renseigner sur la stratégie et la politique de gestion (active, passive, top-down, bottom-up,…)

– Se renseigner sur le niveau de risque de la sicav. A quel type d’investisseur est-elle destinée?

– L’investisseur peut aussi demander si le risque de change est couvert ou non.

–   Se renseigner sur l’équipe de gestion. S’agit-il d’une équipe récente ? Les gestionnaires ont-ils changé ? La politique de gestion est-elle toujours restée la même ? L’équipe est-elle animée par une star, un gestionnaire phare ? Pour les gestions locales (pays émergents, USA…) la société dispose-t-elle d’équipes sur place ou délègue-t-elle la gestion à des gestionnaires locaux ou gère-t-elle les actifs depuis son siège central ? Quelles sont les relations entre les différentes équipes réparties mondialement ? Il vaut toujours mieux privilégier une équipe stable qui ne compte pas essentiellement sur le savoir-faire d’une seule personne « star ». Les gestions locales doivent idéalement bénéficier d’équipes sur place.

– Quelle est la répartition des frais ? Il s’agit d’une partie importante de l’analyse d’un fonds pour laquelle nous consacrerons un article particulier. Il faut voir quels sont les frais totaux et leur répartition. Dans les fonds de fonds, il convient de se renseigner sur la double structure des frais de gestion. Le fonds charge-t-il des commissions de surperformance ?

– Si le fonds existe déjà, il faut se renseigner sur les performances passées sachant qu’elles ne sont pas une garantie pour le futur. Ce sont les performances relatives à un indice DIVIDENDES ou COUPONS RÉINVESTIS qui sont intéressantes parce qu’elles permettent de comparer des performances comparables.

–  L’investisseur peut aussi demander quelle est la probabilité de perte et de rendement pour son investissement surtout s’il s’agit d’un fonds structuré (de type avec protection en capital). Il doit regarder le niveau de risque du fonds et voir s’il correspond à ses attentes en termes de risque.

–  Quelles sont les modalités de sortie ? Dans certains produits d’investissement, dont les fonds fermés avec une protection en capital par exemple, l’investisseur ne peut pas sortir avant l’échéance du fonds. Dans certains cas, il devra s’acquitter de frais de sortie.

– La sicav peut-elle pratiquer le prêt de titres ? Certains fonds peuvent, selon leurs statuts, prêter leurs titres en portefeuille à des contreparties qui en ont besoin pour des périodes définies dans le cadre d’opérations liées à des produits dérivés. Si la sicav prête ses titres, elle perçoit une rémunération qui n’est pas forcément ristournée à l’investisseur final mais elle est surtout soumise à un risque de contrepartie : si à l’échéance du prêt la contrepartie ne peut rendre les titres ou rembourser le fonds, celui-ci peut se retrouver en position délicate.  De plus, ces emprunteurs jouent les titres à la baisse, ce qui va à l’encontre des intérêts de l’investisseur à long terme.

– Dans les produits structurés, avec une protection en capital, demander de quoi sont composés les zéro coupons et quelles sont les contreparties actuelles des produits dérivés.

– Dans les produits qui offrent une protection ou toute forme de garantie, demander qui offre la garantie. Si c’est la banque, il faut savoir que cette garantie n’est pas couverte par le fonds de garantie des dépôts.

– Il convient aussi de demander quelle est la volatilité du fonds. Cette volatilité indiquera son niveau de risque. Un coefficient bêta inférieur à 1 signifie que l’action baissera moins que le marché alors qu’un coefficient bêta supérieur à 1 signifie que l’action baissera plus que le marché car elle est plus sensible aux mouvements que l’indice.

– L’investisseur se renseignera aussi sur le taux de rotation de sa sicav. Plus une sicav a un taux de rotation élevé, plus les frais de transactions seront importants. Une sicav mixte actions/obligations qui est indicée ne devrait pas avoir un taux de rotation supérieur à 100%. Ce taux de rotation doit donc aussi être vérifié dans le rapport annuel de la sicav.

En conclusion, il ne faut surtout pas hésiter à poser des questions avant d’investir. Se renseigner est la première étape sensée d’un investissement à long terme.

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2 réponses à Comment investir dans une sicav ? Poser les bonnes questions

  1. M. Mallefait-Wallef dit :

    Il est à regretter que la majorité des gérants de Sicav ne produise pas de rapports réguliers sur la gestion de leurs Sicav, les perspectives d’avenir et l’évolution de leurs stratégies d’investissement.
    Si ces rapports existent, l’investisseur lambda n’y a pas accès aisément via Internet.
    Il y a heureusement quelques exceptions comme les fonds de placements (donc pas Sicav) gérés et proposés par Carmignac

    • I.de.L dit :

      Les sicav produisent des rapports réguliers: il s’agit des rapports semestriels et annuels qui sont disponibles à la demande ou sur internet. Ils sont une mine d’informations non négligeable pour l’investisseur qui prend la peine de se pencher sur ces documents.

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