Le Royaume-Uni envisage d’émettre des obligations à … 100 ans !

L’AFP annonce que le gouvernement britannique envisage d’émettre des obligations ayant une durée au moins égale à 100 ans ou des obligations perpétuelles (perpetuals). La dernière fois que la Grande-Bretagne a émis ce type d’obligations, c’était après la première guerre mondiale et… au XVIIIème siècle. L’AFP, se basant sur une source anonyme au ministère des Finances, déclare que le ministre des Finances Georges Osborne pourrait profiter de la présentation du budget le 21 mars prochain pour lancer une consultation sur l’opportunité de lancer ce type d’emprunts.

Pourquoi lancer une telle émission ? Parce que les taux d’intérêt Outre-Manche sont historiquement bas et le gouvernement britannique pourrait ainsi se financer à (très) long terme à des taux bas. Les émissions obligataires de ce pays bénéficient actuellement de taux avoisinant les 2%. Seuls les intérêts devraient être remboursés alors que le capital ne devrait pas l’être. Il s’agit d’un rééchelonnement à très long terme de la dette publique britannique et les autorités verrouillent ainsi les taux à un niveau très bas pour les générations futures. Cette opération réduirait donc les coûts de financement de la Grande-Bretagne et pourrait également convaincre les agences de notation et les marchés de la capacité de la Grande-Bretagne à supporter le poids de sa dette.

« Quant à savoir si ces obligations sont un investissement intéressant pour les investisseurs, c’est une autre question. Elles offrent bien sûr une certitude et un équilibre par rapport à des actifs plus volatils comme les obligations d’entreprises et les actions et elles seront sollicitées par les banques et les fonds de pension. Mais l’histoire montre que, lorsque les émetteurs essayent de bloquer les taux d’intérêts pour la perpétuité ou sur des périodes très longues, cela peut être le signe que les taux d’intérêts ont atteint un plancher», souligne Mike Turner, Head of Global Strategy and Asset Allocation chez Aberdeen Asset Management.

A long terme, l’inflation réduira le poids de la dette sur les finances publiques. Ce type d’opérations a cependant un inconvénient : il reporte sur les générations futures le remboursement du capital. Si ces emprunts servent à financer des grands travaux d’infrastructure qui subsisteront encore pendant plusieurs générations, ce financement sur une très longue période répond à une certaine logique et est cohérent. Quand ces emprunts servent à rééchelonner une dette courante, on peut estimer que ce report sur les générations futures est facile mais pas totalement anodin !

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