Changement de Climat : La Chine est devenue l’interlocuteur clé pour les négociations futures

Le prolongement de la période de mise en conformité du Protocole de Kyoto (PK), décidé en Décembre 2011 à Durban, a une faible portée puisque seule l’Europe, qui représente 13% des émissions globales de carbone en 2009, s’engage à respecter les objectifs de réduction du PK. Dans ces conditions, sans démarche volontariste individuelle des pays gros contributeurs des émissions de CO2 (la Chine et le Etats-Unis), l’objectif de maintenir à 2°c le réchauffement fixé à Copenhague en 2009 semble hors de portée.

Le bouleversement de la donne géopolitique et économique depuis 1997 nécessite une adaptation du futur traité.

Les pays émergents, en 1997, lors de l’annonce du PK, ne faisaient pas parti des pays de l’annexe1 qui étaient engagés à réduire les émissions de carbone de 5% par rapport à 1990 d’içi 2012. En effet,  il était admis que les principaux responsables des émissions  de GES étaient les pays industrialisés. Mais entre 1997, date de la signature du PK, et 2005, date de son activation,  le Monde a changé avec une contribution plus importante des pays BRIC dans la croissance économique mondiale mais aussi dans l’évolution des émissions de GES. Ainsi, la Chine est devenue le principal émetteur de GES en représentant 25% des émissions en 2009 (contre 10% en 1990), les Etats-Unis passant en 2 ème position à 18% (contre 23%), suivi par l’Europe à 13% (contre 19%). Pendant cette même période l’Inde a doublé ses émissions pour occuper le 4è rang des plus gros émetteurs. Selon EIA[1], la Chine, le Brésil et l’Inde devraient représenter 50% de la croissance des émissions de GES entre 2009 et 2035 qui elles-mêmes devraient augmenter d’environ 43%. Entre 2008 et 2009, les émissions CO2 des pays émergents et en développement ont progressé de 3.3% alors que celles des pays industrialisés ont reculé de 6.5% selon IEA[2].

Aussi à peine mis en place, le PK ne correspondait plus à la réalité ce qui a créé des tensions entre les Etats-Unis et la Chine. Les Etats-Unis mettant en balance son engagement de réduire ses émissions que si la Chine s’engageait de même compte tenu de sa contribution majeure dans l’évolution des GES. La Chine  refuse cette 1ère place car la projection des émissions cumulées des GES entre 1905 et 2035, montrent que les Etats-Unis restent encore les plus importants contributeurs avec 21% des émissions vs 18% pour la Chine selon IEA et donc le responsable du réchauffement climatique.

Retournement progressif et tactique de la Chine pour influencer les  négociations d’un nouveau traité

Une première avancée a eu lieu en 2009 au sommet de Copenhague où pour la 1ère fois les pays émergents ont pris des engagements notamment la Chine qui s’est fixée des objectifs en  intensité carbone[3]. En 2011, à Durban, les Etats-Unis et les pays BRIC ont accepté de discuter à la même table pour un traité Global. Aucune décision significative lors du sommet de Durban n’était attendue, néanmoins ce premier pas entre la Chine et les Etats-Unis peut être considéré comme un progrès essentiel pour les futures négociations. La Chine a compris que l’économie « low carbon » était un atout pour de nouvelles sources de croissance.

Souhaitons que les déblocages historiques entre les Etats-Unis et la Chine permettent d’aboutir en 2015 à un traité global. Mais entre temps, vont avoir lieu les élections présidentielles aux Etats-Unis en Novembre 2012 qui laissent un point d’interrogation sur la position future des Etats-Unis vis-à-vis d’un traité plus contraignant.

Ce texte est rédigé par AXA IM

[1] Energy Information Administration

[2] Internatinal Energy Agengy

[3] Emission par unité de produit National brut

 

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