Changement climatique: “l’avenir que nous voulons”

Par AXA IM

La prochaine conférence des Nations- Unies RIO+20 qui a lieu à Rio de Janeiro du 13 au 22 Juin 2012 a choisi le thème de « l’avenir[1] ». Les sujets qui seront abordés porteront sur l’économie verte dans le contexte d’un développement durable et l’éradication de la pauvreté d’un côté et le cadre institutionnel à promouvoir pour le développement durable, de l’autre.

Le sommet de Durban[2], en Décembre 2011, a reconduit le protocole de Kyoto jusqu’en 2015 faute d’avoir trouvé un accord climatique international. Comme nous l’avions souligné, le point positif du sommet de Durban fut l’acceptation des Etats-Unis et des pays BRIC de discuter ensemble. Néanmoins, il n’est pas attendu lors de ce futur sommet d’avancées notables. La crise financière que certains pays subissent de plein fouet et d’autres indirectement  est l’urgence du moment à résoudre. Le monde entier est concerné par cette crise financière qui mobilise tous les efforts sur la réduction des déficits. Par ailleurs, la perspective des élections présidentielles aux Etats-Unis sera sans aucun doute un frein à tout nouvel engagement  de la part des Etats-Unis lors de ce sommet.

Pourtant, le changement de climat aura aussi un impact planétaire mais son importance a été reléguée derrière l’urgence de la solution à la crise financière. La crise financière actuelle montre à quel point il est difficile de concilier les intérêts des pays entre eux pour trouver des solutions durables, soutenables et efficaces  et pour effacer les excès et dérapages qui ont provoqué cette crise. Ce constat nous amène à ne pas attendre des Etats et des politiques un accord international sur la gouvernance, les actions et les contrôles des engagements sur la lutte contre le changement de climat. Les progrès viendront plus vite du Bottom up que du Top down et les investisseurs ont sans aucun doute une possibilité de faire évoluer les pratiques voire les règlementations et les lois en faveur de pratiques efficaces de lutte contre le réchauffement de la planète.

Selon un rapport de l’UNEPFI (United Nations Environment Programme Finance Initiative) et du PRI (Principles for  Responsible Investment), les 3 000 plus grandes entreprises cotées sont responsables de plus d’un tiers des coûts environnementaux estimés à US $ 4.53 trillion

C’est ainsi qu’une nouvelle initiative a été lancée par le CDP[3]en Avril 2011 avec le soutien de 34 investisseurs dont AXA IM représentant US .6 milliards d’actifs. Cette initiative « Carbon Action[4] » va au-delà de l’objectif originel du CDP, qui est de demander de la part des entreprises plus de  transparence sur les émissions de gaz à effet de serre (GES), en menant des actions d’engagement auprès des sociétés qui ne réduisent pas assez leurs émissions de GES. Cette initiative a pour but d’encourager les entreprises à  réduire tous les ans les émissions de GES et à ce qu’elles investissent dans des solutions et des activités favorables à la réduction des émissions de CO2.

Les investisseurs doivent également faire pression auprès des autorités publiques pour que les informations sur les impacts directs et indirects de l’activité de l’entreprise sur l’environnement soient soumises au vote aux assemblées générales et que les conseils de surveillance s’approprient et supervisent les progrès réalisés en faveur de la lutte contre le changement climatique. La responsabilité de l’entreprise mais aussi de ses actionnaires et des investisseurs concerne aussi le passif environnemental de l’entreprise (y compris le coût des externalités) vis-à-vis de la « Société » qui doit être considéré comme aussi important à évaluer que son niveau d’endettement financier ou son niveau de cash flow libre.

 


[1] The future we want »

[2] Voir notre article de Janvier 2012

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