Qu’est-ce que le spread de taux ?

Par Franklin Tempelton Investments

De manière théorique, le « spread » (ou écart) de taux correspond à la différence entre le taux actuariel d’une obligation donnée et le taux actuariel d’une obligation zéro-coupon ayant des caractéristiques similaires. L’écart est généralement mesuré en points de base (0,01%) : un écart de 2% est donc renseigné comme un spread de 200 points de base.

De manière pratique, on utilise généralement à la place de l’obligation zéro coupon une obligation d’Etat de référence, considérée comme sans risque.

Par exemple, les obligations européennes sont souvent comparées au Bund, obligation de l’Etat allemand. Si une obligation belge offre un rendement de 3% alors qu’un Bund à la même échéance n’offre qu’un rendement de 2%, on dira ainsi que le spread entre ces deux obligations est de 100 points de base.

On parle d’un « resserrement » des spreads lorsque les écarts de taux diminuent et d’un « élargissement » lorsqu’ils augmentent.

Pour rappel, les différences de taux sont influencées par l’appétit des investisseurs pour telle ou telle obligation : par exemple, les investisseurs demandent généralement un plus grand rendement sur une obligation brésilienne que sur une obligation américaine, indiquant ainsi qu’ils souhaitent compenser le risque accru qu’ils pensent prendre sur le titre brésilien par un rendement plus élevé.

D’une certaine manière, le spread est donc censé refléter la différence de solvabilité ou de qualité entre deux titres, soit deux émetteurs. Ainsi, plus le spread entre l’obligation brésilienne et l’obligation américaine s’élargit, plus l’obligation brésilienne est considérée comme risquée par rapport à l’américaine, indiquant normalement une détérioration de l’économie brésilienne par rapport aux USA. A l’inverse, un resserrement de ce même spread indiquera un regain d’optimisme quant à l’économie brésilienne.

Suivant la même logique, traditionnellement, un resserrement des spreads des obligations d’entreprises avec les obligations d’Etat indiquera une confiance grandissante dans les entreprises par les marchés boursiers, pouvant donner un signal d’achat sur les actions ; un élargissement sera à l’inverse un mauvais signal quant à la santé économique d’un marché donné.

Différents facteurs peuvent influencer les spreads de taux. Nous pouvons notamment citer la situation économique mondiale ou locale, l’appétit des investisseurs… ainsi que les notations crédit : plus les notations de deux obligations seront différentes, plus le spread sera important puisque les marchés exigeront en général un niveau de rendement plus élevé pour les titres moins bien notés.

Gérer un portefeuille obligataire consiste notamment à anticiper les évolutions des spreads entre les différentes obligations. Mais c’est rarement simple, car une même nouvelle peut avoir des effets contradictoires sur différents titres.

Ainsi, dans certaines conditions de marché, une mauvaise nouvelle macro-économique n’impactera pas de la même manière l’ensemble des obligations. Le taux de l’obligation de référence peut ainsi baisser du fait d’un appétit croissant des investisseurs pour les produits financiers les moins risqués alors que ceux des autres émetteurs s’envoleront. C’est actuellement ce qu’on observe en Europe : alors que les taux du Bund allemand ne cessent de baisser, ceux des obligations des autres pays européens suivent une tendance ascendante.

Les caractéristiques propres à l’émetteur sont un autre facteur influençant le spread. Ainsi, le spread entre le Japon et l’Allemagne est relativement faible malgré une dette nipponne très importante (plus de 220% au Japon contre environ 80% en Allemagne). Ce faible spread, malgré des fondamentaux très différents, s’explique par le très fort appétit des investisseurs locaux pour les obligations japonaises.

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