Que penser des obligations émergentes?

Alors que l’Europe est confrontée à de nombreux challenges à la fois politiques et économiques (ralentissement de la croissance, nécessité d’un accord sur une politique économique commune…), les pays émergents continuent d’afficher une santé insolente. Ainsi, les risques d’inflation semblent avoir été contrôlés et la volatilité s’est réduite. Les perspectives pour 2012 sont maintenant bien plus solides pour ces pays grâce au renforcement de la demande domestique, aux importantes réserves de liquidités amassées et à l’évolution de la démographie.

Dans ce contexte, l’investissement dans les obligations des pays dits émergents est une option intéressante afin de diversifier un portefeuille mais également pour rechercher un rendement supérieur.

Les obligations émergentes consistent généralement en des obligations dites souveraines (émises par les Etats) et assez peu dans des obligations corporates (émises par des entreprises), à l’exception des dim sums, les obligations émises par les sociétés en renminbi (RMB) depuis le marché de Hong-Kong. Le volume de ce marché est passé de 29 milliards de RMB en juillet 2010 à plus de 200 milliards de RMB (source : HSBC).

Ces obligations émergentes permettent de prendre part à la forte croissance de ces pays (plus de 6% en moyenne en 2012 et jusqu’à 9% en Chine selon le FMI) tout en prenant des risques moins importants qu’à travers le marché actions, plus volatil.

Grâce à cette forte croissance, le taux d’endettement de ces pays par rapport au PIB est beaucoup plus faible que dans les économies développées. Ainsi, le taux moyen d’endettement (Dettes/PIB) est inférieur à 40% en moyenne. Le risque de défaut est donc actuellement faible.

Or, les rendements disponibles pour les investisseurs y sont tout à fait intéressants par rapport à « nos » marchés : par exemple, alors que le taux 2 ans belge (OLO) est actuellement de 1,69% et que le 2 ans français à 0,73%, le 2 ans coréen offre 3,4%, le 2 ans indonésien 5,2% et le 2 ans brésilien 10,52%. Il existe donc un différentiel important entre les taux offerts par les pays développés et les pays émergents, malgré un niveau de risque qui s’est beaucoup amélioré au fil des dernières années.

Côté risques, il convient de citer le risque des devises et certains risques locaux particuliers.

Au niveau des devises, les obligations émergentes sont généralement émises soit en devise locale, soit en dollar. Les obligations en devises locales représentent une part croissante du marché puisqu’aujourd’hui 90% de la dette émergente est émise ainsi. Le « risque » devises peut également représenter une opportunité et sur de nombreux marchés, l’option la plus intéressante peut être d’investir en devise locale afin de jouer sur les deux tableaux : le rendement de l’obligation mais aussi le renforcement de la devise. Selon le Franklin Templeton Fixed Income Group, dans de nombreux pays, le contexte est actuellement favorable à un tel renforcement car pour limiter les risques d’inflation, les pays émergents se retrouvent forcés de lâcher un peu de lest sur le contrôle des taux de change.

Quant aux risques locaux particuliers, on peut notamment citer le cas de l’Inde où des difficultés opérationnelles persistent : certains marchés doivent donc être évités par les investisseurs néophytes s’ils veulent éviter les trop mauvaises surprises.

En résumé, la valorisation actuellement faible des obligations émergentes, due aux craintes des investisseurs durant le second semestre 2011 et du repli qui s’en est suivi vers des valeurs refuges comme les bons du Trésor américain, nous semble offrir une porte d’entrée intéressante pour investir sur les marchés obligataires des pays émergents et profiter des fortes opportunités qu’ils présentent.

Cependant, du fait de la complexité de ces investissements, il est très fortement recommandé d’éviter les investissements dans des titres en direct et de privilégier un investissement diversifié à travers une SICAV dont le gérant possède l’expertise à la fois technique et locale pour ne retenir que les investissements les plus intéressants.

Ce texte est rédigé par Franklin Templeton Investments                                      Illustration: Wikimedia Commons


 

 

 

Ce contenu a été publié dans Obligations, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.