Un point sur les obligations émergentes

Par Franklin Templeton Investments

Nous avions déjà parlé en janvier des obligations émergentes et il nous semble opportun de faire un point sur l’évolution de ce marché depuis le début de l’année.

Les obligations émergentes ont enregistré des performances solides au premier trimestre 2012, comme en témoigne l’indice JPMorgan Emerging Market Bond Index Global, qui a rattrapé la majeure partie du terrain perdu au second semestre 2011. Le regain d’enthousiasme des investisseurs pour cette classe d’actifs n’est pas surprenant si l’on considère la santé relativement solide des économies émergentes et les rendements de leurs obligations supérieurs à ceux des marchés développés.

En effet, la dette émergente semble de plus en plus plébiscitée par les investisseurs, car ces marchés gagnent de l’importance, dans le sillage de leur contribution à l’économie mondiale, laquelle devrait s’accroître considérablement d’après le FMI[1]. Sur le plan de la croissance économique, les pays émergents devancent régulièrement les pays développés depuis 2000[2] et bénéficient donc de recettes publiques leur permettant le plus souvent d’afficher une situation budgétaire relativement saine.

Durant la dernière décennie, la liquidité des marchés émergents s’est sensiblement accrue grâce à la diversification des opportunités d’investissement et à l’élargissement de leur base d’investisseurs. De plus, les réserves de change importantes constituées par la plupart des pays émergents ont entraîné une appréciation de leurs propres devises, dopant ainsi les rendements des investisseurs des marchés développés, qui pourraient voir leurs gains s’accroître davantage si cette tendance se poursuit.

L’entrée de la dette émergente dans l’univers d’investissement classique a pris du temps. Les crises successives (plus particulièrement la crise asiatique de 1998) ont incité la plupart des pays en développement à compter sur les exportations pour stimuler leur croissance et à passer de taux de change flottants à fixes, ce qui leur a permis d’accumuler des réserves de change et de réduire leur vulnérabilité aux fluctuations à court terme des marchés. Le succès de ces politiques nous semble évident : de nombreux pays émergents ont évité la récession durant la crise financière de 2008-2009. En outre, la qualité de crédit moyenne des obligations souveraines de ces pays s’est régulièrement améliorée depuis 2000, contrairement aux tendances récentes sur les marchés développés.

De nombreuses obligations émergentes sont aujourd’hui notées investment grade, et la stabilité et l’amélioration des fondamentaux de la plupart des émetteurs souverains émergents ont ouvert la voie des marchés financiers aux obligations d’entreprises et d’organismes parapubliques de ces pays, ce qui a entraîné une hausse des émissions de titres libellés dans les principales devises mondiales (dollar américain, euro et yen) et en devise locale. Cette tendance a amélioré la liquidité de la classe d’actifs et permis la création de fonds investis dans les titres émergents investment grade, ainsi que dans les obligations d’entreprises des pays émergents. La crise financière semble avoir renforcé l’opinion positive des investisseurs à l’égard de la dette émergente et certains ont même saisi cette opportunité pour augmenter leur allocation. La crise de la zone euro a mis en évidence la solidité financière des emprunteurs émergents, par rapport à l’endettement élevé de certains pays développés, ainsi que leurs dynamiques de croissance supérieures. D’après les prévisions du FMI, la croissance du produit intérieur brut des pays émergents devrait s’établir à 5,7 % en 2012, contre seulement 1,4 % pour les pays développés[3].

Selon nous, la dette des marchés émergents représente un segment de marché potentiellement intéressant pour les investisseurs qui cherchent à diversifier davantage leurs portefeuilles. Grâce à l’expansion de la classe d’actifs, la réglementation a été nettement améliorée, mais les analystes de Franklin Templeton pensent que les gérants cherchant à investir dans les pays émergents doivent malgré tout effectuer une analyse approfondie, plus particulièrement pour les plus petits pays. L’éventail d’opportunités offert par la dette émergente s’est élargi et ils pensent que les perspectives de performances de la classe d’actifs, en comparaison avec les rendements des obligations souveraines investment grade des plus grands pays développés, pourraient rester attrayantes.

 


[1] Source : Finance & Development, juin 2011. © Fonds monétaire international. Tous droits réservés.

 

[2] Source : Perspectives de l’économie mondiale, mise à jour, 11 avril 2011. © Fonds monétaire international. Tous droits réservés.

[3] Source : Perspectives de l’économie mondiale, mise à jour, 17 avril 2012. © Fonds monétaire international. Tous droits réservés

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