Comment fonctionne une salle des marchés ?

Dans le cadre des cours d’initiation à la finance et aux placements de la Moneystore Academy, la Banque BNP Paribas Fortis nous a exceptionnellement ouvert les portes de sa salle des marchés dans les nouveaux bâtiments New Chancellerie. Le spectacle avait de quoi étonner les traders : 39 femmes se déplaçant dans ce monde d’écrans avec, à leur tête,  Katherine Dior, Head of Primary Markets comme excellente guide. Les visiteuses ont ensuite été reçues Rue Royale pour un exposé très pédagogique de Didier Lannoy, Chief Operating Officer Capital Markets.

Mais que fait-on dans une salle des marchés ? La salle des marchés est un centre névralgique dans une banque. Elle est l’intermédiaire entre les clients et les marchés. Mais il s’agit avant tout des marchés de devises, de taux d’intérêts et d’obligations. L’image des traders golden boys du film « Wall Street » relève du mythe car, ici, l’activité est orientée vers les flux des clients en matière de produits de taux ou de devises. On y traite les échanges spot de devises (échange de devises au comptant) mais aussi une série de produits OTC (over the counter), c’est à dire en vente de gré à gré sans passer par l’intermédiaire d’une bourse tels que les forwards (engagements de vendre ou d’acheter des devises à terme), les swaps de taux ou de devises ou certaines options. Les futures sur matières premières font également l’objet d’une intermédiation dans cette salle des marchés de même que des opérations comme la titrisation, la syndication d’obligations, la mise en place de produits structurés. Enfin et surtout, c’est ici qu’est gérée la trésorerie de la banque, à savoir la gestion des liquidités.

Cette salle, qui emploie 167 personnes, est organisée en différents blocs composés de plusieurs « desks » (longues rangées de bureaux munis de plusieurs écrans). La partie « fixed income » s’occupe des produits à revenus fixes comme les émissions d’obligations sur le marché primaire ou les ventes et achats d’obligations sur le marché secondaire. Si une entreprise veut lancer une émission obligataire, cette émission sera placée dans le marché par l’intermédiaire de la salle. On y traite également les swaps de taux d’intérêt pour les institutionnels ou les entreprises qui veulent, par exemple, échanger un taux à long terme contre un taux à court terme.

Le second bloc traite les opérations de Global Commodity and Equity Derivatives. Il s’occupe des opérations sur matières premières (couverture ou hedging) ou encore des ventes de structures sur actions. La troisième partie de la salle s’emploie à gérer la liquidité et la trésorerie de la banque. Cette activité permet d’équilibrer et de gérer les flux de trésorerie au sein de BNP Paribas Fortis. Toutes les activités de la salle sont étroitement surveillées par les autorités de contrôle des marchés.

Des horloges digitales indiquent l’heure sur plusieurs fuseaux horaires et des écrans de télévision sont accrochés aux murs de la salle mais ils sont rarement consultés, les opérateurs préférant les données de leurs écrans reliés à Bloomberg qui leur relayent les nouvelles des marchés, les prix, les cotations et qui leur fournissent des instruments de calcul.

A l’écart des desks, on trouve des locaux vitrés : les bocaux. Il s’agit de pièces isolées munies d’écrans qui permettent aux opérateurs de traiter en toute confidentialité des opérations plus sensibles dont les informations ne peuvent être divulguées car elles ont trait à des opérations en cours, comme des émissions obligataires importantes en vue de finaliser des rachats de sociétés, par exemple. En effet, ces informations sensibles sont traitées dans la plus stricte confidentialité afin d’éviter des situations de conflit d’intérêt (par exemple avec un trader qui traite d’autres émissions antérieures de cette société sur le marché secondaire).

La salle des marchés n’est donc pas une mini-bourse ni une plateforme centralisée de vente ou d’achat. Les actions sont traitées, en général, sur les marchés boursiers. Les obligations sont traitées le plus souvent de gré à gré, la salle des marchés servant d’intermédiaire entre le client (qui veut vendre ou acheter une obligation) et le marché, c’est à dire les autres intermédiaires financiers et leurs clients. La banque ne fait plus de transactions pour compte propre, elle a pour but de servir les clients qu’ils soient privés, institutionnels, corporate ou étatiques.

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4 réponses à Comment fonctionne une salle des marchés ?

  1. Moreels dit :

    Bonjour

    Moi j’ai un compte d’investissement chez Saxobanque France et Belgique.

    Saxobanque travaille avec une platforme avec lequel une salle des marchés est relayé.

    Vous pouvez aussi passez ordre directement vers la salle des marchés.

    Bien à vous

    Marc Moreels
    003292312195

    • I.de.L dit :

      Oui mais vous n’êtes pas en contact direct avec la salle des marchés, il y a un intermédiaire qu’il soit virtuel (une plateforme, pC Banking ou autre) ou un intervenant physique.

  2. Chantal Malevez-de Locht dit :

    j’ai beaucoup aimé cette visite même si notre groupe ressemblait à un autocar. Nous avons été très bien reçues et si les explications de Catherine Dior étaient plutôt confidentielles, celles de Didier lannoy étaient très claires: j’ai bien aimé l’étude faite sur 3 groupes, hommes seuls, femmes seules, hommes-femmes mélangés. cela correspond à ma vision personnelle! et cela fait toujours plaisir à entendre! Comme je ne vis pas dans le monde des affaires, ma question est plutôt pragmatique: comment entre-t-on en contact avec la salle des marchés pour , par exemple, une demnde d’investissement ou de prêt? par mail? par téléphone? à qui s’adresse-t-on? Y-a-t-il quelque part un directory?

    • I.de.L dit :

      Merci pour votre commentaire. Les clients ne sont généralement pas en contact direct avec la salle des marchés. Ils passent par leur intermédiaire commercial: l’agence pour les particuliers ou leur chargé de relation pour les clients corporate, institutionnels ou en private banking. Les demandes sont formulées à ce niveau par les clients, les chargés de relation les transmettent ensuite à la salle des marchés qui traite ces opérations. De plus, comme nous l’avons vu, la salle des marchés ne traite pas à proprement parler des demandes de prêts

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