Le pessimisme de l’intelligence, l’optimisme de l’action

Par Paul Dor, Ancien cadre dirigeant de Fortis Banque

La crise systémique que nous subissons depuis 2008 engendre un pessimisme omniprésent dans les sociétés occidentales et particulièrement en Europe, minée par une démographie faible et vieillissante. Partout il n’y a plus que des mauvaises nouvelles : crises financières à répétition, austérité subséquente, taxations nouvelles, récession, instabilités sociales, cataclysmes écologiques, désordres politiques, révolutions sanglantes, guerres,…

Sur base de l’analyse clinique du cas concret et vécu de Fortis, j’ai décrypté les causes profondes de ces périls. Il ne s’agit pas d’un simple tsunami financier mais bien de la disparition progressive de la civilisation industrielle au profit d’une nouvelle civilisation que nous pouvons subir ou construire.

L’Europe possède de nombreux atouts dans cette construction: un marché développé de 400 millions d’habitants bien formés, une devise de référence, une situation financière consolidée solide, un extraordinaire know-how technique, industriel, culturel et social, … Mettre en place des changements pays par pays serait un non-sens. Si nous travaillons de manière proactive et structurelle avec une vision d’avenir au niveau européen, si nous fédérons nos forces vives dans un nouveau projet ambitieux transformant profondément notre manière de vivre, nous pouvons rebondir, bâtir un avenir nettement meilleur, assurer à nos descendants d’autres « années glorieuses » à l’image des « Trente » que nous avons appréciées.

Afin d’apporter progressivement et simultanément des solutions systémiques à la crise, j’identifie sept chantiers prioritaires que les Européens doivent mener : construire une Europe forte et entrepreneuriale, remettre en place une vraie gouvernance financière, sauver la planète, bâtir une politique industrielle commune, structurer la société de l’information, rendre les gens plus heureux au travail, adapter le système politique devenu obsolète. C’est un défi de taille mais le jeu en vaut la chandelle : un bel avenir ou le chaos ?

La nouvelle civilisation à construire  sera celle de la qualité plutôt que de la quantité, moins de gaspillage, plus de bonheur.  Certains diront que ce sont des utopies. N’est-il pas bon d’un peu rêver avec optimisme pour se mettre à l’action résolument ?

Paul DOR, « Fortis, tsunami ou « troisième vague » – 7 chantiers d’urgence pour l’Europe », Editions Baudelaire, Lyon, 164p., 15,50 euros

 

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